Reportage international

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Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 

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22 May 2022

Koweït: une association pour venir en aide aux travailleurs domestiques victimes d'abus

RFI
Un peu moins de 600 000 employés de maison travaillent au Koweït, selon les dernières statistiques officielles. En 2021, ce chiffre a toutefois baissé d'environ 11 % par rapport à l'année précédente. Dans ce petit Émirat peuplé par environ 4,2 millions d’habitants, les travailleurs domestiques ont particulièrement souffert des conséquences de la pandémie de Covid-19. L’organisation Sandigan leur vient en aide. De notre correspondant dans la région, C’est dans ce petit bureau, prêté par une ONG locale, qu’Ann Abunda vient en aide aux travailleurs domestiques du Koweït. Cette ressortissante philippine a créé il y a douze ans Sandigan. L’organisation, tolérée par les autorités, mais qui n’a pas de licence officielle pour opérer, a pour objectif de sensibiliser les employés de maison aux droits dont ils bénéficient. « J’ai moi-même été travailleuse domestique », explique Ann Abunda. « J’ai fait face à différents abus : physiques, verbaux et psychologiques. Quand je suis sorti de la maison dans laquelle je travaillais, je me suis demandée si cela ne concernait que moi ou alors la majorité des travailleurs domestiques. C’est à ce moment que nous avons commencé le plaidoyer pour les travailleurs domestiques. » Redonner confiance aux travailleurs domestiques abusés Tous les vendredis, le jour de congé traditionnel au Koweït, Sandigan organise des ateliers de peinture ou encore de couture. Ce jour-là, Angel* est l’une de celles qui en bénéficient. Cette femme de ménage arrivée dans la péninsule arabique en 2019 a été violée par le propriétaire de son agence de recrutement. Elle attend à présent son rapatriement aux Philippines avec son enfant âgé d’à peine quelques semaines. Selon Ann Abunda, ces ateliers permettent de redonner confiance aux travailleurs domestiques abusés. « L’objectif est de les autonomiser afin que les autres personnes puissent voir qu’ils ne sont pas simplement que des travailleurs domestiques. Mais qu’ils ont aussi des talents pour créer tout un tas de choses », dit-elle. Des contrôles insuffisants Sandigan propose aussi des aides psychologiques ou juridiques aux travailleurs domestiques dont la situation a empiré avec la pandémie de Covid-19. Les agences de recrutement, qui facilitent leur arrivée et leur placement dans les foyers, avaient en effet cessé d’être opérationnelles compte tenu des restrictions de voyage. Mais la demande est quant à elle restée toujours aussi élevée, ce qui a favorisé le marché noir. Pour Liam*, un bénévole de l’organisation, les contrôles ne sont pas suffisants. D’une certaine manière, les agences de recrutement sont régulées par le gouvernement. Et puis, le gouvernement a aussi passé deux lois : une contre la traite des êtres humains en 2014 et une autre pour les travailleurs domestiques en 2015. Donc c’est bien. Le seul problème, c’est la mise en œuvre. Une consultation tripartite devrait être ouverte lorsqu’il s’agit de réguler ces agences afin que les organisations de la société civile puissent aussi contribuer. Au Koweït, des agences de recrutement sont régulièrement fermées par les autorités. * Le prénom a été modifié pour préserver l’anonymat.
21 May 2022

En Inde, des fils de soie qui racontent le fil de l’histoire

RFI
Le sari est le vêtement phare de l’Inde et les plus beaux de ces tissus sont fabriqués dans la ville de Varanasi. La communauté musulmane les assemble sur des métiers à tisser du XIXe siècle, à partir de fils de soie. Un savoir-faire unique, fruit de toutes les périodes de l’Inde. Cette guilde est aujourd’hui menacée par la mondialisation et le contexte politique. De notre envoyé spécial à Varanasi, Dans les ruelles, tendez l’oreille près des fenêtres pour entendre un cliquetis caractéristique. C’est le son des impressionnantes machines Jacquard, du nom du français Joseph-Marie Jacquard, qui les imagina au début du XIXe siècle, avant qu’elles ne fassent le tour du monde. En 2022, elles résonnent toujours à Varanasi.  « Je travaille sur un sari en soie, cela va me prendre dix jours », explique Mohamed Safi. Dans la pénombre, il fait courir ses mains le long d’un métier à tisser, à l’allure de voile de bateau. « J’ai appris le métier de mon père et je l’exerce depuis 26 ans. Nous travaillions ici dans la maison de notre famille », souligne l’artisan. Les métiers à tisser fonctionnent sans électricité, grâce à un système de cartes qui guident les chaînes de fils. Maqbool Hasan, un maître tisseur de 77 ans, fournit du travail à une cinquantaine d’artisans. Il nous invite dans son magasin. Le motif de ce châle a huit couleurs a vu le jour sur les métiers à tisser écossais de la ville de Paisley, au XVIe siècle. Au XVIIIe siècle, la région indienne du Cachemire le réinvente à l’aiguille. En 1966, quand j’ai trouvé ce châle a Bombay et je l’ai reproduit sur nos métiers à tisser, je l’ai appelé du Cachemire à Kashi, qui est l’autre nom de Varanasi.Des héritages multiples menacés Maqbool Hasan a été distingué en Inde et dans le monde pour son savoir-faire, fruit des héritages bouddhistes, hindous, moghols et britanniques. Mais la guilde millénaire dont il est le représentant est aujourd’hui menacée.  « Nous sommes dans une compétition de plus en plus serrée avec la Chine, qui inonde le marché indien de saris industriels », explique-t-il. « Nous devons importer de la soie de Chine et les droits de douane augmentent. Nous n’arrivons plus à vendre qu’aux riches familles, surtout hindoues. Mais dans le climat politique d’aujourd’hui, certains appellent à boycotter nos tissus, car nous sommes musulmans », déplore Maqbool Hasan. Les métiers à tisser, « des ancêtres de l’informatique » Avec la pandémie, beaucoup de tisseurs de Varanasi ont dû fermer leurs ateliers. Pour Isabelle Moulin, muséographe française spécialiste de la soie, il y a urgence à sauvegarder leur tradition.  « En France, il ne reste qu’une poignée d’artisans qui savent se servir des métiers Jacquard », constate Isabelle Moulin. « À l’heure du changement climatique, il est très important de préserver ces savoir-faire locaux et écologiques. Avec leurs cartes perforées fonctionnant selon un modèle binaire, ces métiers à tisser sont par ailleurs des ancêtres de l’informatique. » Cette chevalière des arts et des lettres entend fédérer un réseau mondial des villes de la soie. De son côté, Maqbool Hasan a créé plusieurs écoles pour les enfants de la communauté défavorisée des tisseurs.
20 May 2022

En Allemagne, le village de Feldheim en autarcie énergétique

RFI
Le développement des énergies renouvelables figure souvent parmi les solutions envisagées face à la question des prix et de la dépendance énergétique. Pour des petites entités comme des villages à la campagne, une autarcie est-elle possible pour la production d’électricité ? Feldheim près de Berlin, y est parvenu depuis maintenant douze ans. De notre correspondant à Berlin, À l’extérieur, le vent souffle fort dans cette région du Fläming au sud de Berlin. À l’intérieur de cette éolienne de 150 mètres de haut, on se sent peu de choses. Dans cette tour de béton, le bruit ambiant n’est pas très agréable, mais pour le village de Feldheim, il est synonyme d’indépendance énergétique. Le retraité Siegfried Kappert est né dans la commune de 200 habitants et a longtemps travaillé comme beaucoup dans l’agriculture. Aujourd’hui, il explique à des visiteurs du monde entier comment Feldheim en est arrivé là : « Nous sommes un projet modèle. Nous pouvons être fiers de notre autarcie énergétique. Ça a parfaitement marché jusqu’à présent. » Les 55 éoliennes produisent bien plus d’électricité que nécessaire. 65 000 foyers en profitent dans la région. Ailleurs, les éoliennes suscitent des polémiques sur les nuisances sonores, pour les animaux ou les paysages, mais à Feldheim, les résistances ont été minimales, affirme la maire Petra Richter : « Dans la région, au départ, il n’y avait aucune éolienne. C’était nouveau pour tout le monde, mais le concept a convaincu et comme on le voit ça marche super. L’acceptation est grande, car tout le monde en profite. » Victime de son succès Les énergies renouvelables dépendent de la météo. Pour assurer une autarcie énergétique du village, une usine de biogaz liée à la coopérative agricole a été créée. Elle permet de chauffer l’ensemble des maisons du village et les fournit si nécessaire en électricité. Les habitants sont actionnaires et ne paient que 16 centimes chaque kw/h contre le double en moyenne en Allemagne. « Nous n’avons pas à nous prendre la tête sur un changement de fournisseur électrique. Nous avons conclu des contrats à long terme et nous avons des super prix. C’est encore plus important aujourd’hui avec la guerre en Ukraine », se réjouit Petra Richter.  Avec la hausse actuelle des prix de l’énergie et les débats autour de la dépendance à l’égard de la Russie, le village est victime de son succès, affirme Doreen Raschemann du centre d’information : « Dans les dernières semaines, le téléphone n’a pas cessé de sonner. Il y a beaucoup de demandes. L’intérêt a énormément augmenté. » Le modèle de Feldheim montre qu’à la campagne une autonomie énergétique est possible. Mais le cadre juridique, les infrastructures et le soutien de la population doivent permettre un tel développement. Enfin, sans des subventions massives, allemandes et européennes, ce modèle Feldheim n’aurait pas vu le jour.
19 May 2022

Chili: une pénurie d'eau de plus en plus critique dans les zones rurales

RFI
Confrontés à une baisse des précipitations depuis plus de dix ans, plusieurs communes en zones rurales font face à d’importantes pénuries d’eau avec des rationnements. Ce scénario pourrait bientôt toucher la capitale Santiago et ses 8 millions d’habitants. Le réchauffement climatique est pointé du doigt, mais pas seulement.  De notre correspondante à Santiago, À Petorca, une commune dans le centre du Chili, la rivière qui traverse la vallée est complètement sèche. Margarita Guerrero et sa famille vivent tout près du village et ils n’ont plus d’eau courante depuis plus de huit ans. « Ici il n’y a pas de puits, il n’y a rien. Avant, il y avait de l’eau qui coulait tout près, mais à cause de la sécheresse et de la mine qui est à côté, tout est sec maintenant, se désole-t-elle. Alors les autorités nous envoient des camions-citernes. Nous avons à peu près 100 litres d’eau par jour par personne, mais ce n'est vraiment pas beaucoup. » Pour ne pas perdre une goutte, Margarita réutilise toutes les eaux usées de la maison. « Quand je fais la vaisselle, j’ai un tuyau d’arrosage qui va jusqu’aux plantes. Je fais la même chose pour l’eau de la machine à laver et pour le lavabo de la salle de bain. Rien ne doit se perdre ! » Une privatisation de l'eau par la Constitution chilienne Depuis plus de 10 ans, le Chili est frappé par une forte sécheresse qui ne permet pas aux nappes phréatiques de se régénérer. Mais pour Nicolas Quiroz, membre du mouvement pour la récupération de l’Eau et des Territoires, les problèmes d’accès et de distribution de l’eau au Chili sont principalement dus au système néolibéral garanti par l’actuelle Constitution, écrite sous la dictature : « La Constitution de 1980 privatise l’eau et la convertit en une marchandise qui peut s’accaparer, s’acheter, se louer, se vendre. Il y a donc un marché de l’eau. » Et selon lui, ce système de privatisation de l’eau crée de profondes inégalités. « Les grands gagnants sont ceux qui possèdent le pouvoir économique et peuvent acheter des droits sur l’eau et creuser des puits, poursuit Nicolas Quiroz. C'est donc l'agro-industrie, le secteur minier, les grands projets de barrage… Ce sont eux qui se sont accaparés l’eau de Petorca car ils sont propriétaires de la majorité des droits sur l’eau en surface et sous terre ». Un manque de responsabilité politique Maria Fragkou, directrice du département de géographie de l’université du Chili, est quant à elle très critique vis-à-vis du discours qui fait de la sécheresse un phénomène presque normal dans le pays. « La vision qui domine est de dire que la sécheresse est responsable de la pénurie d’eau. On ne se demande pas pourquoi il n’y a plus d’eau, ou qui en consomme le plus. De cette façon, on masque la responsabilité des personnes, des institutions, des lois, des cadres législatifs en ce qui concerne l’épuisement de l’eau. Donc il n'y a pas de responsabilité politique. » Dans la capitale, s’il ne pleut pas suffisamment dans les mois qui viennent, ce sont des milliers de personnes qui pourraient alors être affectées par des coupures et des rationnements d’eau.
18 May 2022

Les élections fédérales australiennes, une chance pour le climat

RFI
À l’ombre des deux principales formations politiques, les Verts et les candidats indépendants font une percée à l'approche des élections fédérales. Ceux-là partagent une ambition commune : remporter suffisamment de sièges au Parlement pour qu’aucun des grands partis n’obtienne la majorité absolue, et user de cette position de force pour les contraindre à lutter plus résolument contre le réchauffement climatique. De notre correspondant à Sydney, Ce matin, il n’y a pas une, mais deux candidates aux élections législatives qui se rassemblent dans le nord de Sydney, pour tenir un meeting commun. Elles font toutes les deux partie d’un mouvement baptisé les Indépendants bleu canard, dont les représentants ont de nombreux points communs. Ce sont des femmes, elles se présentent dans des fiefs de la droite australienne et ont fait de la crise climatique le cœur de leur engagement politique. C’est ce qui a convaincu Léonard de les soutenir. « Pour moi, la priorité absolue, c’est l’action climatique. J’ai des enfants, de 8 et 10 ans, et je me morfonds quotidiennement en pensant au monde que je vais leur laisser », confie-t-il. Léonard compte voter pour Zali Steggall, devenue députée, il y a trois ans en l’emportant face à un ancien Premier ministre, Tony Abbott, dans un quartier où il était élu depuis 25 ans. Un exploit qui a inspiré cette année plusieurs autres candidates à se lancer. C’est le cas par exemple de Kylea Tink. Elle se présente dans une circonscription de Sydney où l'on vote pour le Parti libéral depuis plus de 100 ans. Et pourtant, elle est donnée gagnante. Car même dans ces circonscriptions conservatrices, la question du climat est devenue centrale. « L’Australie est à la traîne du reste du monde et ce ne devrait pas être le cas, déplore Kylea Tink. Nous avons plus de ressources durables et renouvelables que n’importe quel autre pays et pourtant, notre gouvernement est l’un des plus lents à s’écarter des énergies fossiles. » Le climat, enjeu brûlant des élections Au moins cinq candidates indépendantes pourraient l’emporter le 21 mai. Zali Steggall s’en félicite : « J’espère que cette élection sera un moment charnière de la politique australienne qui nous permettra d’amorcer un vrai changement. » Ces indépendants menaçant le Parti libéral, dont le Premier ministre Scott Morrison est le chef de file. C’est l’un des facteurs qui pourrait contribuer à une victoire du Parti travailliste. Ces derniers promettent d’agir plus résolument contre le réchauffement climatique, en s’engageant par exemple à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 43% d’ici à 2030. Mais dans le même temps, ils veulent continuer à développer le secteur du charbon, dont l’Australie est le premier exportateur mondial. Pour le parti des Verts, qui a également le vent en poupe, il est indispensable d’aller plus loin. Ils espèrent que les travaillistes l’emporteront, mais sans obtenir la majorité absolue au Parlement. Ce qui permettrait aux Verts de les contraindre à prendre des mesures plus radicales en faveur du climat. « Nous souhaitons être à l’équilibre du pouvoir, afin de pousser le prochain gouvernement à aller plus vite et plus loin face à la crise climatique, et empêcher l’ouverture de nouvelles mines de charbon et de gaz. » La question du changement climatique est en tout cas la priorité des Australiens, d’après une enquête d’opinion récente. ► À lire aussi : La plus grande centrale électrique à charbon d'Australie va fermer avec sept ans d'avance
17 May 2022

Brésil: Atafona, une cité balnéaire engloutie par la montée des eaux

RFI
Au nord de l’État de Rio de Janeiro, la cité balnéaire d’Atafona est menacée de disparition sous la montée des eaux. Ici, l’érosion côtière a commencé il y a une 60e d’années, mais s’aggrave très rapidement à cause du réchauffement climatique et de l’activité humaine. Atafona fait désormais partie des 4% du littoral mondial dont la montée des eaux dépasse les 5 mètres par an. Ses habitants sont obligés de quitter leurs maisons, avalées par la mer. Un bout de mur au fond du jardin, et un petit tas de débris. C’est tout ce qu’il reste de la maison de Vitória. Quand elle et son mari ont décidé de l’acheter, il y a 34 ans, il étaient loin d’imaginer qu’elle disparaîtrait sous les eaux. « On ne voyait même pas la mer, elle était très loin ! Et aujourd’hui la mer est dans ma maison. Maintenant, une partie de ma maison est sous l’eau. » Ils ont pris la décision de quitter les lieux au mois de novembre, quand un premier mur a commencé à s’abîmer. Quatre mois plus tard, la maison entière a été engloutie. « La nuit, le son des vagues est assourdissant, c’est très fort… On a l’impression qu’on va être aspiré, que toute la maison va nous tomber dessus. » En 1974, Vitoria avait déjà perdu la maison de sa mère. Depuis, les pouvoirs publics n’ont pris aucune mesure de prévention contre l’érosion qui s’accélère d’année en année, atteignant jusqu’à 7 mètres par an. Paulo, son mari, a perdu espoir. « On est blessés par ce qu’il se passe. Ce matin j’ai été voir les ruines et… On est énervés de voir que rien ne se passe, personne ne fait rien. Mais je ne crois pas que les choses vont changer. » Le couple habite désormais chez le père de Paulo, à trois maisons de distance de la leur. Dans le salon, une photo encadrée leur rappelle leur village d’enfance.« Cette photo est prise de haut, on voit l’embouchure du fleuve là. Elle a été prise, il y a une cinquantaine d’années. Nous, on se trouve ici et tout ce que vous voyez là, c’est déjà parti. » « Regardez la quantité de maisons, regardez ! », s'exclame Vitoria. À Atafona, plus de 500 maisons sont désormais enfouies sous le sable. Un phénomène dû à plusieurs facteurs. Le réchauffement climatique, bien sûr, mais aussi la perte de débit du fleuve Paraiba, dont les deux tiers sont captés, plus au sud, par les villes de Sao Paulo et Rio de Janeiro, pour alimenter les métropoles en eau et électricité. « Nous sommes face à trois propositions : construire une digue, installer des sacs de sable à l’horizontale, ou encore remblayer artificiellement la plage, grâce à une barrière de roches, détaille Marcela Toledo, chargée de l’environnement à la mairie d’Atafona. Ces trois propositions ont été envoyées à l’institut environnemental, l’INEA qui doit évaluer l’efficacité de ces projets. » Des projets encore loin de voir le jour alors que l’érosion à Atafona aurait déjà causé près de 2 000 réfugiés climatiques depuis les années 60.
16 May 2022

Royaume-Uni: l'inquiétude des anti-migrants sur la situation migratoire du pays

RFI
Au Royaume-Uni, la question des migrants qui traversent la Manche pour demander l’asile est âprement débattue et de plus en plus controversée. Certains estiment que le pays est trop généreux, voire que Londres ne dit pas la vérité sur le nombre d'arrivées sur le sol anglais. Rencontre avec l'un de ces « citoyens inquiets » comme ils se présentent qui passe ses journées à observer la Manche pour décompter et dénoncer les arrivées de ces migrants.
15 May 2022

Les enjeux de la désertification aux Émirats arabes unis

RFI
Aux Émirats arabes unis, 90 % de la nourriture est importée de l'étranger. La sécurité alimentaire est donc devenue l'une des priorités des autorités. Mais dans ce pays, déjà en grande partie recouvert par le désert, la désertification et la dégradation des sols menacent cet objectif, car elles affectent l'agriculture locale. Le florissant secteur de l'AgriTech, en particulier dans l'Émirat de Dubaï, apportent néanmoins des solutions. De notre correspondant à Dubaï, Dans un centre d'affaires de Dubaï, loin des terres agricoles, une bouteille contenant un liquide marron trône sur le bureau d'Ole Kristian Sivertsen, le patron de Desert Control. « Ceci, c'est ce qu'on appelle le LNC », indique Ole Kristian Sivertsen. « C’est un mélange liquide composé d'eau et de matériaux naturels dont l'argile que nous utilisons pour les terres dégradées, les sols sablonneux et même le sable du désert. Une fois que le produit est appliqué et qu'il s'est infiltré dans le sol par la force de gravité, il recouvre ensuite chaque grain de sable d’une minuscule couche de ces minéraux naturels, ce qui permet de retenir l'eau et les nutriments comme avec une éponge. » Après sept heures de traitement, cette technologie naturelle permet de planter puis de faire pousser n'importe quel type de culture, qu'il s'agisse de fruits ou de légumes, en plein milieu du désert. Un moyen pour lutter contre la désertification qui affecte les Émirats, selon ce Norvégien. Je pense qu‘avec ce type de produit, d‘innovation, nous pouvons atténuer les dommages causés par la hausse des températures et par la surexploitation des sols. Lorsque les terres sont fortement dégradées, la matière organique est appauvrie. Il ne reste que les sables minéraux et de la poussière. Je pense donc que nous pouvons redonner une nouvelle vie à la terre avec notre produit.Perte de 33 000 hectares de terres arables en une quinzaine d’années Aux Émirats arabes unis, la désertification est en effet un enjeu majeur qui affecte aussi la sécurité alimentaire de ce pays de la péninsule arabique. Près de 33 000 hectares de terres arables ont été perdus en l'espace d'une quinzaine d'années, selon les dernières données de la Banque mondiale qui datent de 2018. Le docteur Abdoul Aziz Niane est le représentant aux Émirats du Centre international de recherche agricole dans les zones arides. Pour lui, « la désertification est un immense défi dans la région. Elle est déjà recouverte à 80 % par le désert. Les 20 % restants des terres sont des écosystèmes fragiles sujets à la salinité et à l'érosion de la biodiversité. Ces deux facteurs provoquent une perte de la productivité des sols », explique le docteur Abdoul Aziz Niane. L'année dernière, les autorités émiriennes ont annoncé vouloir investir un peu plus de 140 milliards d'euros jusqu'en 2050 dans les énergies renouvelables. L'Émirat de Dubaï accueillera par ailleurs en 2023 la COP28 sur les changements climatiques.
14 May 2022

Allemagne: la future libéralisation du marché du cannabis attire les investisseurs

RFI
Près de Dresde, en ex-RDA, la start-up allemande Demecan produit depuis 2021 du cannabis thérapeutique, dont la vente est autorisée en République Fédérale depuis 2017. La production, strictement réglementée par la législation sur les stupéfiants, est pour l’heure exclusivement destinée au marché médical. Mais un autre marché – colossal – pourrait se profiler : la nouvelle majorité au pouvoir à Berlin a annoncé dans son programme de coalition la libéralisation prochaine du cannabis récréatif pour une durée test de quatre ans, à l’issue desquels un premier bilan sera dressé. Aucune date n'est encore fixée. Les besoins sont estimés à entre 300 et 400 tonnes par an, soit 1,2 à 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires, bien plus que les besoins en cannabis thérapeutique. Les investisseurs sont déjà dans les starting-blocks, en vue de s’emparer de ce marché colossal.
13 May 2022

États-Unis: New York, ville refuge de l'IVG

RFI
Aux États-Unis, le mouvement de protestation continue après que le projet de décision de la Cour suprême sur l’avortement a été dévoilé. La plus haute instance du pays s’apprêterait à annuler l’arrêt Roe vs Wade et laisser aux États le pouvoir d’établir leurs propres lois sur la question. Alors que de nombreux États conservateurs limitent déjà l’accès à l’avortement, forçant des centaines de femmes à faire des milliers de kilomètres pour avorter, New York, notamment, est devenue une destination de la dernière chance pour ces femmes.