Municipales à Lyon: après la déception du premier tour, Jean-Michel Aulas tente de sauver sa campagne
17 March 2026

Municipales à Lyon: après la déception du premier tour, Jean-Michel Aulas tente de sauver sa campagne

Reportage France

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En France, si la plupart des 36 000 communes connaissent déjà leur maire, c’est une autre affaire dans un certain nombre de grandes villes où il y a un second tour. Notamment Lyon, troisième ville de France où Grégory Doucet a réalisé une véritable remontada. Alors que les sondages l’ont longtemps placé en difficulté, l’écologiste a réussi à rattraper et même dépasser, lors du premier tour, le candidat de 76 ans et figure du football Jean-Michel Aulas, novice en politique. L’Insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi, elle, termine troisième et a officialisé lundi 17 mars, dans l'après-midi, une fusion avec Grégory Doucet.

En ce lendemain de premier tour, l’équipe de Jean-Michel Aulas donne rendez-vous aux journalistes devant une barre d’immeuble du 3e arrondissement pour une opération de tractage. Le candidat de 76 ans est rapidement salué par sympathisant, déçu des résultats : « On ne peut plus faire confiance aux sondages. Il faut tenir, Monsieur Aulas ! »

L’ancien président de l’Olympique lyonnais, qui a derrière lui la droite et le centre, a vécu une soirée électorale difficile, mais tente d’imposer un autre récit, en niant toute dégringolade. « C’est une plaisanterie ! Je suis parti de zéro, et je fais jeu égal avec quelqu’un qui a les clés de la ville depuis six ans. Je vous assure qu’on se reverra dimanche dans d’autres conditions », affirme-t-il, visiblement agacé. 

Fusion de liste Doucet – Belouassa-Cherifi : un « accord de la honte »

L’angle d’attaque du camp Aulas, en tout cas, ne fait aucun doute : l’alliance entre Grégory Doucet et Anaïs Belouassa-Cherifi, étiquetée La France insoumise.

Un « accord de la honte », selon ses mots : « Quand on sait que LFI s’attaque aux valeurs de la police en disant qu’elle est corrompue, quand on sait que M. Mélenchon vient à Lyon et fait des déclarations antisémites, je n’ai pas peur de parler de honte. »

Une fusion de listes qui a été officialisée lundi après-midi. « Ce qui unit la gauche lyonnaise est plus fort que ce qui la sépare », peut-on lire dans un communiqué de Grégory Doucet. Anaïs Belouassa-Cherifi ne cache pas sa satisfaction : « Ce que j’espère évidemment, c’est que le prochain maire de notre ville soit Grégory Doucet, et pas Jean-Michel Aulas, c’est pour ça que nous avons pris nos responsabilités. Mais bien sur, nous resterons LFI, avec pour la première fois des élus d'arrondissements pour porter nos engagements ».

Cette union fait des heureux, évidemment, chez les militants insoumis, comme David : « J’espérais justement qu’il y ait ce rapide appel à l’union malgré la diabolisation de LFI ».  Elle est comprise par des militants de Grégory Doucet « Je veux qu’il soit élu ! », témoigne Laurence. Mais cette stratégie de fusion pourrait aussi faire perdre des voix à l’écologiste. Véronique, qui se dit de centre gauche, est allergique aux Insoumis : « Le deuxième tour, je vais être très emmerdé, je pense que je vais voter blanc. Je ne peux pas voter pour quelqu’un qui s’allie avec des gens que je considère comme extrémistes ». 

Il y a encore deux semaines, l’ancien président de l’OL pouvait facilement rêver d’un nouveau trophée pour compléter sa longue carrière. Depuis dimanche, et compte tenu de l’unité de la gauche, le match s’annonce compliqué.