Des cultures saines et vertueuses au Burundi, c'est simple comme un coup d'agroécologie!
26 May 2026

Des cultures saines et vertueuses au Burundi, c'est simple comme un coup d'agroécologie!

L'Afrique en marche

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L’ONG Inades porte depuis huit ans le programme Tapsa, une initiative visant à renforcer au Burundi la souveraineté alimentaire et à promouvoir des pratiques agricoles durables. Ce programme s’inscrit dans une dynamique de soutien aux petits producteurs et aux communautés rurales pour bâtir un avenir plus résilient et équitable en matière alimentaire.

L’ambiance était festive et agro-pédagogique au festival CCFD-Terre solidaire qui s'est tenu à Lectoure, dans le sud de la France, ce week-end du 9-10 mai. L'association française et l'ONG burundaise Inades présentaient aux festivaliers, entre autres, les formations entamées il y a huit ans pour convertir les paysans à une agroécologie plus responsable et plus saine pour l'estomac des consommateurs, comme pour la préservation de l'environnement.

 « On a mené des études et puis on a constaté qu'effectivement, l'utilisation des produits chimiques a des effets néfastes sur la santé de l'homme et sur la santé du sol. Et c'est ainsi que nous avons pu convaincre les producteurs burundais de diminuer l'utilisation des produits chimiques de synthèse et on propose des alternatives en termes de biopesticides et de biofertilisants, explique Joseph Nigeze, le directeur de l'Inades Burundi qui met en œuvre ce programme Tapsa (Transition vers une agroécologie paysanne au service de la souveraineté alimentaire). Les paysans burundais ont été d'accord parce que pour eux, l'objectif c'est d'augmenter la production. Mais la valeur ajoutée, c'est de produire de façon saine, d'avoir une alimentation saine et durable. Ainsi, si on économise aussi les engrais, on économise aussi la santé ». 

La campagne Tapsa a permis de former près de 4 000 foyers paysans au Burundi. Et de concerner 23 000 individus avec des techniques simples, peu coûteuses et efficaces.  « On a identifié les plantes pesticides qui sont favorables pour la lutte contre les maladies des plantes, poursuit Joseph Nigeze. Il y a notamment le neem, il y a le Tithonia ou encore la cendre. Donc nous avons proposé toute une série de produits naturels qu'ils ont trouvés intéressants et qui les aident à lutter contre les maladies des plantes et à conserver les stocks des producteurs ». 

Une production plus rentable

« La production, avec l'usage des biofertilisants sur certaines parcelles, a varié de 30% à 40% en plus, surtout pour le haricot et le maïs, souligne Marie Reine Ndoricimpa, elle est agronome et responsable du projet Tapsa pour le volet formation des paysans. Mais pour le bananier, c'est plus de 100% ! En termes de prix, le prix des engrais chimiques varie entre 2 500 et 3 000 francs burundais le kilo. Pour la fumure, promue dans le cadre du Tapsa, c'est moins de 1 000 francs burundais par kilo. C'est aussi une fumure qui est de bonne qualité et appréciée par les producteurs ». 

Le programme Tapsa, porté par le CCFD, est financé, entre autres, par l'Agence française de développement et concerne le Burundi, le Rwanda, la RDC, le Mali, le Burkina Faso ainsi que le Sénégal et le Niger. « On accompagne des acteurs locaux qu'on finance pour mettre en place des initiatives auprès de leurs propres membres producteurs. Donc il y a beaucoup de formations, de mise en place de champs-écoles, de mise en place de fermes pilotes, par exemple, liste Coline Podlunsek, responsable du projet Tapsa au CCFD. Des échanges aussi entre paysans, de pair à pair, sur différentes techniques. On va être sur des techniques de compostage, de fumure, de production de biopesticides, de bio-intrants. Ils vont aussi mettre en place des cases de semences paysannes, notamment sur les semences maraîchères, pour favoriser la maîtrise de la multiplication de la semence et le stockage. On va se concerter autour de la préservation d'une ressource, d'un lac pour la pêche par exemple, axé sur les bonnes pratiques certes, mais aussi avec beaucoup de sensibilisation des consommateurs ou des élus pour favoriser le financement de ces actions-là ». 

Depuis qu'il est en place, ce programme d'agroécologie au Burundi a permis de régénérer plus de 750 hectares de surface agraire. Une nouvelle phase de quatre ans de gestion durable en milieu paysan devrait commencer en 2026.

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