Pourquoi le Kenya souhaite interdire les exportations de minerais non transformés?
Chronique des matières premières
Nairobi a pour projet d'interdire ses exportations de minerais bruts pour développer leur transformation sur place et en tirer davantage de valeur. L'interdiction concernerait notamment l'or, dont ce pays est, pour l'heure, un tout petit producteur.
Le Kenya ne produit que 350 kg à 560 kg de métal jaune par an. Mais la découverte fin 2025 d'un gros gisement à Ikolomani, dans la région aurifère de Kakamega, suscite des espoirs. Ce sont les mineurs artisanaux et non réglementés qui fournissent l'essentiel de la production kenyane. Le gouvernement du pays se voit ainsi privé de 9 millions de dollars de redevances potentielles. Pour mieux contrôler ce marché et créer de l'emploi, le président kenyan, William Ruto, a annoncé l'implantation de trois raffineries d’or dans la région de Kakamega et aux alentours de Nairobi, la capitale du pays. C'est la Banque centrale du Kenya qui sera prioritaire pour ces achats d'or.
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Transformer sur le sol kenyanL'interdiction d'exportation porte aussi sur d'autres minerais non raffinés. Que ce soit la soude, le pétrole, le lithium, le cobalt ou d'autres métaux rares, le chef de l'État kenyan l'affirme : son pays transformera sur place toutes les ressources de son sous-sol. Ces annonces interviennent alors que le gouvernement kenyan a récemment retiré sa concession à la filiale du groupe indien Tata Chemicals, le plus gros producteur de soude du continent. Le différend portait justement sur la transformation locale. De cette souveraineté minière, le président kenyan a fait une condition dans les négociations avec les grands groupes.
Et ce alors que les Américains et les Chinois se pressent aux portes du pays avec l'objectif de remporter l'exploitation du gisement de Mrima Hill. Celui-ci contient du niobium, utilisé comme élément d'alliage de l'acier inoxydable pour les réacteurs nucléaires, les canalisations ou encore les missiles.
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Le Kenya emboîte le pas à d'autres pays africainsLe Kenya rejoint ainsi d'autres pays africains qui cherchent à mieux contrôler leurs ressources naturelles. Le Ghana, premier producteur d'or en Afrique, a interdit l'exportation d'or artisanal depuis le 1ᵉʳ septembre. La Guinée cherche, elle aussi, à encadrer sa production aurifère. Au Mozambique, le nouveau code minier impose désormais une participation d'État dans tous les projets d'extraction. Et le Zimbabwe interdit l'exportation du lithium brut.
Au Kenya, les déclarations d'intention du président Ruto risquent cependant de se heurter à la réalité économique : le sous-sol kenyan, riche de plus de 900 minerais, est très convoité, mais largement inexploité.
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