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Les déconvenues judiciaires de Shell suivies de près par le secteur pétro-gazier
10 September 2026

Les déconvenues judiciaires de Shell suivies de près par le secteur pétro-gazier

Afrique économie

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En Afrique du Sud, l’entreprise pétrolière britannique Shell a perdu, le mois dernier, ses droits d’exploration au large de la Wild Coast qui longe l’océan Indien. La Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, a donné raison aux populations locales et aux ONG qui avaient lancé cette action en justice. La décision ne laisse pas le secteur pétro-gazier indifférent.

Avec notre correspondante en Afrique du Sud,

Cela fait 5 ans que la société civile s’oppose aux explorations sismiques prévues par le géant britannique. Après plusieurs recours, la Cour constitutionnelle a finalement tranché : les populations n’ont pas été correctement consultées et le juge Jody Kollapen a donc confirmé à Shell le retrait de son autorisation : « La consultation est une procédure censée permettre de respecter la dignité humaine, en faisant une place à la table des décisions à ceux dont la vie et les moyens de subsistance pourraient être affectés ».

Shell prévoyait de créer des ondes sismiques grâce à l’envoi d’un navire équipé de canons à air, afin de pouvoir analyser la structure géologique du sous-sol marin. Ce qui n’était pas au goût des militants locaux tels que Nonhle Mbuthuma. « Nous, les populations côtières, dépendons de l’océan et continuons à pratiquer des méthodes de pêche traditionnelles. Mais au-delà de nos moyens de subsistance, nous avons aussi des droits culturels : en tant qu'habitants de la Wild Coast, nous croyons que nos ancêtres résident dans l’océan », explique-t-elle.

L’affaire pourrait créer des remous dans tout le secteur, estime Otlotleng Mokgatle, analyste chez Control Risks : « L'une des conséquences de cette décision, c’est de renforcer le sentiment, notamment chez les investisseurs, que le secteur offshore sud-africain est exposé à un ensemble de risques, liés à un groupe d’acteurs très actifs et, disons-le, offensifs en Afrique du Sud ».

Le bassin d'Orange toujours attractif

Le groupe français TotalEnergies a déjà connu des déboires similaires lorsque la justice a annulé, en première instance en 2025, une autorisation environnementale pour un ensemble de blocs au large du Cap. Cependant le bassin d'Orange, à la frontière avec la Namibie plus au nord, est plein de promesses et pourrait continuer à aiguiser les appétits et ce malgré les risques judiciaires.

« Je ne dirais pas que cela va nécessairement réduire l’attractivité de l’Afrique du Sud pour de futurs investissements dans le pétrole et le gaz, notamment parce que le potentiel géologique reste très important. Les investisseurs prennent ce potentiel en compte, tout comme ils prennent en compte les conditions fiscales, les infrastructures existantes dans le pays, ainsi que les incertitudes judiciaires suite à cette décision. Je pense donc que cela aura davantage un impact sur la prime de risque, mais cela ne devrait pas faire perdre au marché toute son attractivité », selon Otlotleng Mokgatle :

Début août, un tribunal a rejeté la demande d’associations qui cherchaient à empêcher une campagne d’études sismiques dans le bassin d'Orange. Shell y maintient pour l’instant sa présence, tout comme TotalEnergies, qui fait cependant l’objet d’un nouveau recours autour d’une autorisation environnementale.

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