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À Madagascar, comment le sac gony malgache est devenu une industrie
16 September 2026

À Madagascar, comment le sac gony malgache est devenu une industrie

Afrique économie

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À la campagne comme à la ville, les gony malagasy, ces grands sacs tissés en polypropylène, sont devenus des objets du quotidien. Ils servent aujourd’hui à transporter et stocker toutes sortes de récoltes. Ces sacs sont fabriqués et commercialisés localement depuis 50 ans par une entreprise familiale qui n'a cessé de s’adapter pour rester leader sur le marché de l’océan Indien.

De notre correspondante à Antananarivo,

Dans l’immense hangar d’Enduma, les métiers à tisser tournent à plein régime. Ces machines tubulaires à six trames produisent 24/24, dans un vacarme assourdissant. Il y a quelques minutes, ce n’étaient encore que de minuscules granulés de plastique. Les voilà transformés en sacs. Des sacs devenus familiers dans tout le pays. « Notre sac emblématique, c'est le "Miaka-bokatra", explique ce salarié. Littéralement, "la pleine saison". C'est le sac qu'on trouve un peu partout à Madagascar, qui marque le commencement de la saison des récoltes du riz, du paddy, qui donne une image à Madagascar. »

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Des sacs au rythme des récoltes malgaches

Décorés d’une charrette tirée par deux zébus, ces grands gony blancs peuvent transporter jusqu’à 250 kilos de denrées. À l’origine, ils ont été conçus pour remplacer les sacs en jute, plus lourds et perméables. Ils sont depuis devenus incontournables dans l’industrie, mais plus encore auprès des agriculteurs. Aujourd’hui, 75 % du chiffre d’affaires d’Enduma est réalisé à Madagascar, principalement pendant les saisons agricoles.

« Il y a une utilisation industrielle qui nous fait travailler tout au long de l'année, pour des filières comme l'agroalimentaire, comme les industries minières, comme les industries de chaux, de farine, de ciment, du sel, etc. Ensuite, il y a également une utilisation du gony malgache dans l'agriculture ; nous accompagnons les différentes filières agricoles dans leur saison de récolte, explique Hassanein Hiridjee, le petit-fils du fondateur et PDG du groupe Trimeta, avec un début d'année dédié principalement au riz, puis à la campagne de vanille, de grains secs, de pois du Cap, de sel. Et donc c'est cet enchaînement de filières agricoles à Madagascar qui permet à notre division agricole de pouvoir fournir et s'adapter aux filières tout au long de l'année. »

Plus les récoltes sont bonnes, plus l’entreprise vend de sacs. Sa croissance est intimement liée à la santé de l’agriculture malgache, à la météorologie et à ses effets de bord.

Concurrence des sacs asiatiques

Comme beaucoup d’industries du pays, Enduma doit également composer avec les coupures d’électricité récurrentes. Autre difficulté : l’importation massive de copies asiatiques (en provenance de Chine et d'Inde) de sacs tissés, de qualité inférieure, dépourvus de traçabilité et de certificat de « contact alimentaire », vendus, évidemment, moins chers. Pour faire face à cette concurrence, l’entreprise a décidé de diversifier ses activités. « Là, nous sommes dans l'atelier de transformation recyclage, poursuit Hassanein Hiridjee, ici, ce sont des déchets issus de la production, dus à des problèmes de courant, dus à des changements de trames, de bobines, etc. Nous pouvons ensuite retransformer ces déchets propres en granules qui redeviennent des matières premières, utilisées pour la plupart pour faire des bassines, des seaux, ce genre de choses. »

Enduma fêtera ses 50 ans à la fin de l’année. Toujours 100 % familiale, l’entreprise aspire à changer d’échelle. Et elle mise sur son gony pour accélérer son développement régional et exporter son savoir-faire malgache vers l’océan Indien et le continent africain.

À écouter dans Un jour au villageÀ Madagascar, produire des semences locales adaptées au climat et améliorer la sécurité alimentaire