À la Une: la contre-performance du Gabon à la CAN devient une affaire politique
02 January 2026

À la Une: la contre-performance du Gabon à la CAN devient une affaire politique

Revue de presse Afrique

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Trois matchs trois défaites : le Gabon n’a pas brillé à la Coupe d’Afrique des Nations. « Le couperet est tombé dans la nuit de la Saint-Sylvestre et il a tranché les têtes les plus hautes », annonce Info241. Le site d’information gabonais analyse ainsi la situation : « Au-delà de la dissolution du staff technique et de la suspension de l’équipe nationale, le communiqué du ministère des Sports a surpris par sa vindicte. Il ne s’agit pas seulement d’un renouvellement générationnel naturel, mais d’une "mise à l’écart institutionnelle ordonnée par l’État" ».

Et la sanction est impitoyable pour les deux stars de la sélection gabonaise Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga, qui sont donc purement et simplement écartés. « Une sortie par la petite porte pour les légendes », remarque Info241. « Il est désormais impossible d’imaginer un retour de ces deux joueurs sous le maillot national, tant que cette décision sera en vigueur », poursuit le site d’information gabonais : « le "nettoyage" est radical : pour bâtir le football de demain, le Gabon sacrifie ses idoles d’hier, accusées d’avoir incarné la déroute de la CAN 2025 ». 

Gâchis

Une déroute commentée au Gabon mais aussi ailleurs en Afrique. C'est le cas en Côte d’Ivoire, où Afriksoir décrit ainsi contre-performance gabonaise : « L’aventure des Panthères du Gabon à la CAN disputée au Maroc s’est achevée dans la douleur, laissant derrière elle un sentiment de gâchis profond et une crise ouverte au sommet du football national. Trois matchs, trois défaites, zéro point : le bilan est sans appel et renvoie l’image d’une sélection en perdition, incapable de répondre aux attentes sportives et populaires ».  

Un échec sportif, politiquement sanctionné car, explique Afriksoir, « l’élimination des Panthères ne s’est pas limitée à un simple revers sportif. Elle a provoqué des remous jusque dans les plus hautes sphères de l’État. Lors du conseil des ministres du 29 décembre, le président de la transition, Brice Oligui Nguema, avait déjà pointé "l’absence de méthode", la "dispersion des ressources" et une "érosion préoccupante de la fibre patriotique", dans la gestion du football gabonais ».  Conclusion d’Afriksoir : « Entre pression médiatique intense, ingérence politique assumée et impréparation logistique, les Panthères ont payé le prix d’un cumul d’erreurs ».

Des footballeurs, pas des soldats 

Le mauvais parcours des Gabonais à la CAN est également commenté en Guinée. Le site d’information Ledjely évoque une « débâcle », « une onde de choc sans précédent pour le football gabonais », « un naufrage sportif qui a provoqué une vague d’indignation au sein de l’opinion publique et des milieux sportifs gabonais (…) Estimant que le rendement de l’équipe nationale ne reflète ni les valeurs sportives ni les exigences de discipline attendues d’un représentant du pays, le gouvernement est sorti de son silence avec une rare sévérité ». Conclusion de Ledjely : « Après la débâcle de la CAN 2025, rien ne sera plus comme avant ».

De son côté, Wakatsera au Burkina, ironise sur les sanctions prises par les autorités gabonaises : « L’échec de Pierre-Emerick Aubameyang et de ses camarades au premier tour de la fête du football au Royaume chérifien, a visiblement contrarié le président-général, au point de lui faire oublier qu’il n’avait pas affaire à des soldats en treillis, mais en crampons, de simples footballeurs qui certes sont allés défendre les couleurs nationales, mais dans un jeu ! ». Les sanctions ne sont donc pas du goût de Wakatsera qui s’exclame : « Non, le politique ne doit pas s’octroyer ce droit d’ingérence sans limite dans le sport, au risque de jeter en pâture les athlètes et compromettre inévitablement leurs carrières, surtout celle des joueurs qui gagnent leur vie dans les clubs à l’international ».