
À la Une: comme un air de réchauffement entre les États-Unis et le Mali
Revue de presse Afrique
Depuis le déclenchement des hostilités contre l’Iran, le Mali observe une prudence toute diplomatique. Une prudence que l’on retrouve au travers de la presse officielle. Ainsi, le quotidien L’Essor à Bamako pèse ses mots et évite soigneusement de citer les États-Unis : « ce 11 mars, écrit-il, la deuxième guerre Iran–Israël compte douze jours, égalant déjà celle de juin dernier. Au-delà de ce seuil, l’incertitude sur la fin du conflit ne fera que s’épaissir. (…) Pour une grande partie du monde, attachée au droit international et au système des Nations unies censé garantir la paix, ce scénario paraît ubuesque, s’exclame L’Essor. Le Mali appartient à cette communauté pacifiste, intransigeante sur la souveraineté des États. C’est le message que le Premier ministre Abdoulaye Maïga a porté à l’ambassade d’Iran, jeudi dernier, en signant le livre de condoléances après la mort du Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei. Le Mali ne peut rester indifférent lorsque le souverain d’un pays ami périt sous les bombes, quelle que soit la nature du conflit ».
Vers une reprise du renseignement aérien ?Aucune mention donc des États-Unis et pour cause, Bamako et Washington semblent esquisser un rapprochement. C’est du moins ce que croit savoir Afrik.com : « selon plusieurs sources au sein de l’administration américaine, les États-Unis, affirme le site panafricain, seraient sur le point de conclure un accord stratégique avec les autorités de transition maliennes. Ce texte ouvrirait la voie à la reprise de vols de surveillance, menés par avions et drones, au-dessus du territoire malien. L’objectif affiché est de renforcer la collecte de renseignements sur l’évolution des groupes jihadistes actifs dans la région. En ligne de mire, la progression du GSIM, affilié à al-Qaïda, qui étend son influence dans plusieurs zones du Sahel. Le dégel a été amorcé de manière concrète le 27 février dernier, précise Afrik.com. Dans un geste politique fort, Washington a levé les sanctions pesant sur le ministre de la Défense malien ainsi que sur plusieurs hauts responsables. Ces officiels étaient jusqu’alors visés pour leurs liens supposés avec des groupes paramilitaires russes ».
Ne pas laisser le champ libre à Moscou…D’ailleurs, relève encore Afrik.com, « ce rapprochement est également déterminant dans la compétition pour l’influence au Sahel. Alors que la Russie, via Africa Corps, est devenue le principal partenaire sécuritaire du Mali après le départ des forces françaises de l’opération Barkhane en 2022, Washington ne souhaite pas laisser le champ totalement libre à Moscou. Contrairement aux diplomaties européennes, l’administration américaine actuelle semble prête à tolérer la présence russe si cela permet d’endiguer l’instabilité régionale ».
Le site de l’agence Ecofin, spécialisée sur l’économie du continent, note pour sa part que « l’administration Trump a largement abandonné la politique de promotion démocratique de son prédécesseur (Joe Biden) dans le Sahel (…). Cette posture est bien accueillie à Bamako, Niamey et Ouagadougou. Le chemin reste toutefois semé d’embûches, tempère Ecofin : le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont institué en décembre dernier un régime de réciprocité face aux restrictions de voyage américaines, signe que les nouvelles relations entre Washington et ses anciens partenaires sahéliens demeurent fragiles ».
L’agent français emprisonné à Bamako se porte « bien »Enfin toujours à propos du Mali, Jeune Afrique apporte des précisions sur le sort de cet officier français détenu à Bamako depuis l’été dernier.
Un lieutenant-colonel, officiellement deuxième secrétaire à l’ambassade de France à Bamako, mais qui était aussi accrédité auprès des autorités maliennes en tant qu’agent de la DGSE, la Direction générale de la sécurité extérieure, les services secrets français. Il est accusé d’avoir joué un rôle clé dans un complot contre la junte malienne.
D’après Jeune Afrique, cet officier français serait « détenu à la base aérienne 100 de Bamako, dans une installation relevant de la Sécurité d’État malienne. Selon une source sécuritaire, l’agent français se porte "bien". Un espace dédié lui permettant de faire régulièrement du sport a été mis à sa disposition. Et "il mange et boit ce qu’il veut", confie la même source. (…) Les autorités françaises ont également pu entrer en contact avec lui ».
Jeune Afrique confirme aussi « le fait que, depuis le début de sa détention, il n’a toujours pas eu accès à un avocat. »