
La communication entre un patient et son médecin est essentielle à une bonne prise en charge. Quand on ne parle pas la langue du pays, l’accès aux soins et aux services de santé peut s’avérer difficile. De plus, les incompréhensions peuvent entrainer une mauvaise observance des traitements, mais aussi des erreurs de diagnostic. L'égalité d'accès aux soins de santé est un élément central du droit à la santé, alors comment garantir cet accès aux personnes allophones ?
Quels services et dispositifs sont disponibles dans les hôpitaux publics français pour faciliter cet aspect de la prise en charge ?
Se soigner-consulter, c’est avant tout communiquer, faire part d’une question, d’un problème, d’une douleur et il va falloir trouver les mots pour le dire. Le diagnostic en dépend directement, et au-delà, cette compréhension va faciliter l’adhésion des patients au traitement avec, en ligne de mire, l’amélioration et le rétablissement.
Une traduction indispensableLorsque l’on ne parle pas la langue du personnel soignant, cela peut constituer un véritable frein, voire un facteur de perte de chance dans le domaine de la santé : que l'on soit un patient d’origine étrangère ou un malade ou un accompagnant, dont la langue n’est pas parlée par le médecin.
À cet égard, la barrière de la langue constitue un élément-clé pour l’accès aux soins. Pour permettre la communication, identifier les symptômes et faire passer les explications, certaines structures de santé mettent en place plus ou moins officiellement des dispositifs pour faciliter la bonne compréhension. Ce qui peut pousser à nous interroger, sur les conséquences potentielles en cas contraire, en l'absence de traduction ou de médiation.
Avec :
Mounia El Kotni, docteure en anthropologie, spécialisée sur les thématiques des inégalités et discriminations en santé. Co-autrice de l'ouvrage collectif Notre corps, nous-mêmes, paru aux éditions Hors d'atteinte, qui est un manuel de santé des femmes, qui porte sur le cancer du sein.
Sié Dionou, médiateur en santé publique, pédagogue en santé publique à l’APHP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris)
Dr François Niokhor Diouf, médecin spécialiste en pédiatrie, chef du service de pédiatrie de l'hôpital régional de Ziguinchor au sud du Sénégal.
► En fin d’émission, nous parlons d’un nouveau projet lancé par l’Institut Pasteur pour accélérer la mise au point d’un vaccin contre le chikungunya en Afrique. Maladie virale transmise par les moustiques, le nombre de cas de chikungunya signalés en Afrique a fortement augmenté ces 20 dernières années. S’il existe des vaccins contre la maladie depuis peu, leur recours reste limité aux voyageurs du fait de leur coût onéreux et des contraintes d’accès. Interview de Guillemette Masse-Ranson, directrice adjointe du Centre de vaccinologie et d’immunothérapies de l’Institut Pasteur à Paris.
Programmation musicale :
► Troniq Music, Oxlade - Pay Me
► Danitsa - Wrong Things.