
Union des droites en France: ce serpent de mer qui agite Les Républicains
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Alors que l'ancien président Nicolas Sarkozy a entaillé durablement le cordon sanitaire cher à l'ancien président Jacques Chirac en expliquant dans son livre qu'il ne soutiendrait pas un front républicain contre le RN, ses propos ont relancé le débat sur l'union des droites. Dix-huit mois après le départ fracassant d'Éric Ciotti des Républicains, le parti reste profondément divisé sur le sujet.
Les barrières tombent et alors que le parti d'extrême droite Rassemblement national caracole en tête du premier tour de l'élection présidentielle dans tous les sondages, certains ténors de la droite se demandent comment ne pas être engloutis par le RN. Chacun apporte sa réponse, quitte à rompre avec le cordon sanitaire jusque-là largement érigé en rempart.
Ces derniers jours, la petite phrase de Nicolas Sarkozy dans son livre Journal d'un prisonnier a jeté un pavé dans la mare. Alors qu'il avait appelé à voter Emmanuel Macron face à Marine Le Pen en 2017 et en 2022, il estime que « la reconstruction de la droite ne pourra passer que par l'esprit de rassemblement le plus large possible, sans exclusive et sans anathème ». Un revirement notable, qui intervient après plusieurs déclarations dans le même sens de la part de hauts responsables LR.
À commencer par le patron du parti Bruno Retailleau, qui a appelé à faire voter RN dans une législative partielle contre un candidat de gauche et qui appelle à une union des droites dans les urnes.
Une ligne pas totalement suivie à droitePour le président de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand, cette alliance, si elle avait lieu, se ferait forcément au détriment des Républicains qui pourraient ainsi disparaître, dilués dans le RN. Pour la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, « s'allier au RN, c’est s'effacer, c'est devenir sa caution de respectabilité ». Une position que partage une ministre Renaissance. Pour elle, « si un accord droite et extrême droite se faisait, on pourrait plutôt parler d'une OPA hostile plus que d'une alliance ».
En ligne de mire, les élections municipales, un test avant la présidentielle de 2027Les prises de parole et les stratégies des candidats commencent à se multiplier. C'est le cas par exemple du président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale, Laurent Wauquiez, qui appelle à tout voter sauf LFI en cas de second tour sans candidat LR.
Quant aux maires issus de la droite républicaine, ils sont de plus en plus confrontés à des concurrences de la part du Rassemblement national. C'est le cas par exemple de la candidate LR Martine Vassal à Marseille qui a laissé sous-entendre qu'elle pourrait s'allier avec le candidat RN Franck Allisio. Dans ce cadre, la tentation de faire alliance donnerait raison, avec quelques mois de retard, au pari d’Éric Ciotti à l’occasion des dernières élections législatives.
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