Trois séquences politiques qui ont marqué 2025
27 December 2025

Trois séquences politiques qui ont marqué 2025

Politique, le choix de la semaine

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Pour cette dernière chronique de l’année, RFI revient sur trois moments politiques marquants de 2025 : l'adoption en première lecture du texte sur la fin de vie, la condamnation avec exécution provisoire de Marine Le Pen, et le pari raté de François Bayrou.

La loi sur la fin de vie : un moment rare de sérénité parlementaire

En mai dernier, le texte de la loi sur la fin de vie est adopté en première lecture par l'Assemblée. Une séquence frappante, d’abord par son calme, comme l’ont reconnu tous les bancs de l’hémicycle.

Rien à voir avec le climat d’invectives auquel on s’est habitué depuis plusieurs années, et plus encore depuis la dissolution. Ce débat a aussi montré à quel point la fin de vie est un sujet intime, mêlant convictions profondes et histoires personnelles. On était loin du schéma classique : un parti, une ligne, un vote.

Au Rassemblement national (RN), par exemple - où l’on est pourtant habitué à voter en rangs serrés - les positions étaient éclatées : certains députés étaient farouchement opposés à l’aide active à mourir, d’autres favorables, allant jusqu’à défendre « un droit à éteindre la lumière ».

Après 68 heures de débats, l’artisan du texte, Olivier Falorni, résumait ainsi : « Nous avons réussi à montrer le meilleur de l’Assemblée nationale. »

La condamnation de Marine Le Pen et le choc de l’inéligibilité

Deuxième événement politique marquant : la condamnation de Marine Le Pen à l’inéligibilité, avec exécution provisoire.

Nous sommes le 31 mars 2025. Marine Le Pen prend soudain conscience qu’elle pourrait ne pas être en mesure de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.

Un coup de tonnerre pour celle qui rêve de l’Élysée depuis une quinzaine d’années, et dont la première candidature remonte à 2012. Ce qui frappe alors, c’est que le Rassemblement national met en place rapidement un discours très offensif contre la justice, accusée d’être manipulée par des « juges rouges ».

Cette condamnation relance aussi un débat juridique majeur : l’exécution provisoire, qui permet l’application immédiate d’une peine, même en cas d’appel. C’est cette même disposition qui a valu, sept mois plus tard, à l’ancien président Nicolas Sarkozy un séjour derrière les barreaux.

Le pari perdu de François Bayrou à l’été 2025

Troisième fait politique marquant : le coup de poker raté de François Bayrou, à l’été. Que s’est-il passé dans la tête de François Bayrou le lundi 25 août 2025 ? La question agite alors tous les observateurs.

Ce jour-là, celui qui est encore Premier ministre convoque un vote de confiance, plaçant son avenir politique entre les mains d’une Assemblée nationale largement hostile.

Son projet de budget, dévoilé un mois plus tôt, avait déjà essuyé de vives critiques - notamment une mesure très mal passée - : la suppression de deux jours fériés. L’ancien Premier ministre a-t-il volontairement provoqué sa chute, ne voyant pas comment passer l'automne ? Lui parlera d’une « épreuve de vérité » face à l’ampleur du déficit. Le verdict, en tout cas, est sans appel. François Bayrou est contraint de quitter Matignon le 8 septembre 2025.