Présidentielle 2027: les candidats à la recherche d'une stature internationale
10 January 2026

Présidentielle 2027: les candidats à la recherche d'une stature internationale

Politique, le choix de la semaine

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De la guerre en Ukraine à l'opération militaire américaine au Venezuela, en passant par les droits de douane, les crises du monde impactent de plus en plus la France et alimentent le débat politique. À tel point qu'en 2027, l'un des enjeux pour les candidats à la présidentielle sera de convaincre les Français qu'ils sont crédibles pour préserver leurs intérêts dans un monde brutal et dangereux.

On avait l'habitude de dire que les questions internationales avaient peu d'influence sur le vote des Français à la présidentielle mais ça, c'était avant. En 2022 déjà, l'invasion russe en Ukraine avait cannibalisé la campagne et permis à Emmanuel Macron d'être réélu en se positionnant au-dessus de la mêlée, en chef de guerre. En 2027, Emmanuel Macron ne peut pas se représenter mais ceux qui ambitionnent de lui succéder à l'Élysée vont devoir prouver qu'ils ont la carrure pour jouer dans la cour des grands, entre Donald Trump et Vladimir Poutine, deux ogres aux visées impérialistes qui ne fonctionnent qu'au rapport de force.

Les candidats se préparent

On l'a encore vu récemment dans l'affaire vénézuélienne, tous ceux qui rêvent de l'Élysée ont très vite pris position. À commencer par Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen qui ont condamné l'intervention militaire américaine, chacun à sa manière bien sûr. Le leader insoumis s'est insurgé contre « l'agression de Trump contre le Venezuela » préemptant le leadership de l'anti-trumpisme. La cheffe des députés RN a, elle, pris ses distances avec le président américain en déclarant que « la souveraineté des États n'est jamais négociable », consciente de l'effet désormais contreproductif de son ancienne proximité avec Donald Trump. François Hollande et Dominique de Villepin, qui ont eux exercé le pouvoir, en ont aussi profité pour se rappeler au souvenir des Français, du haut de leur expérience des affaires internationales.

Les « carnivores » et les « herbivores »

Dans le camp présidentiel, Gabriel Attal et Édouard Philippe ont choisi le créneau de la realpolitik. Ils ont mis en avant la nécessité de redevenir puissant pour peser, plutôt que la condamnation des méthodes de Donald Trump. C'est Gabriel Attal qui a dégainé le plus vite en affichant son pragmatisme sur la réalité du monde « régi par la force » face à ceux qui se contentent de s'indigner. Avec un temps de retard, Édouard Philippe s'est aussi étonné « des cris d'orfraie sur le droit international » et inquiété de voir l'Europe en être réduite aux « commentaires ». Tous les deux se sont réjouis du départ du président Maduro, qualifié de dictateur. Des positions au final assez proches et dans la ligne d'Emmanuel Macron pour lequel, dans le monde il y a les « carnivores » et les « herbivores ». Attal comme Philippe espèrent être celui qui peut manger les autres.