
Mercosur: le Parlement européen, dernier espoir pour les opposants au traité ?
Politique, le choix de la semaine
Malgré la colère des agriculteurs et l’opposition de la France, le controversé accord commercial entre l’Union européenne et Mercosur doit être signé ce samedi au Paraguay, en présence de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Pour autant, « la messe n’est pas dite » estime le gouvernement français. Et les regards se tournent vers le Parlement.
Les opposants au Mercosur n’ont pas dit leur dernier mot. Certes, le traité de libre-échange doit être signé ce samedi 17 janvier au Paraguay. Mais il peut encore être bloqué par les députés au niveau du Parlement européen.
Deux évènements sont à surveiller. La semaine prochaine, d’abord. Le jeudi, les 720 députés européens vont dire s’ils veulent ou non saisir la Cour de justice de l’Union européenne sur le Mercosur, pour qu'elle examine la compatibilité de l'accord avec les traités européens. Si une majorité d’élus dit oui, l’accord devrait être suspendu pendant quelques semaines, voire quelques mois.
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Autre étape : en avril, mai ou juin, la date n’est pas encore connue, les députés européens seront appelés à voter, cette fois, pour ratifier le traité. En cas de rejet, ce serait terminé pour l’accord avec le Mercosur.
Une majorité en faveur du Mercosur loin d’être assurée ?Un scénario incertain, c’est vrai. Mais la classe politique française, et notamment le gouvernement français, pense qu’il y a matière à espérer. Le Premier ministre a appelé cette semaine les responsables politiques « à prendre leur bâton de pèlerin pour convaincre l’ensemble des sensibilités politiques au Parlement européen ». « Ce vote peut se jouer à 15 ou 20 voix », affirme même Sébastien Lecornu.
Et du côté des députés européens français, on se montre aussi combatif. Une élue proche du camp d’Emmanuel Macron tient à peu près le même discours que le Premier ministre. « Les jeux ne sont pas faits, explique-t-elle, car il y a des divisions très fortes. » « La majorité en faveur du Mercosur est loin d’être assurée », abonde un autre député de Strasbourg, étiqueté écologiste. Lui compte sur des élus italiens ou espagnols, par exemple, pour voter contre le Mercosur, en contradiction avec leur gouvernement respectif.
Enfin, il y a cette eurodéputée française d’extrême droite qui, elle aussi, croit au rejet du traité. Elle espère que certains de ses collègues vont réaliser « la pression que cet accord met sur le monde agricole ».
Un monde agricole qui, en retour, joue aussi la carte de la pression. Le syndicat agricole FNSEA appelle à manifester mardi prochain à Strasbourg, où se trouve le siège du Parlement européen.
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