
Après avoir longtemps fait l'impasse sur les élections municipales, La France insoumise (LFI) a décidé de miser davantage sur le scrutin, organisé les 15 et 22 mars prochains. Objectif, faire élire le maximum de conseillers municipaux voire prendre des villes à ses rivaux de gauche. Mais le mouvement reste organisé autour de son scrutin de prédilection, l'élection présidentielle. Sans se déclarer officiellement pour l'instant, Jean-Luc Mélenchon a déjà posé les bases de sa quatrième candidature.
Une tournée internationale aux États-Unis, au Canada, en Italie et en Espagne pour présenter son nouveau livre, puis un meeting par mois à l'automne dans des villes moyennes « pour aller à la rencontre de zones moins connues », explique une conseillère, Jean-Luc Mélenchon n'a pas chômé durant son année 2025. Une montée en puissance en douceur pour le leader insoumis, qui fêtera cette année ses 75 ans. Jean-Luc Mélenchon s'est approprié depuis 2022 l'image de la tortue, qui avance à son rythme mais décidée vers l'objectif rêvé, entrer à l'Élysée dans 15 mois.
Le retour de la « tortue sagace »C'est sa stratégie habituelle à l'approche du scrutin suprême : jouer l'apaisement après trois années de bruit et de fureur, bref, une mue de la tortue qui agace vers la tortue sagace. Illustration avec son audition devant la commission d'enquête sur l'entrisme islamiste dans les partis politiques le 6 décembre dernier. L'insoumis a habilement évité les emportements face à des députés bien décidés à le faire sortir de ses gonds. Et il a profité de cette tribune pour donner une leçon sur la laïcité, sujet sur lequel son mouvement fait l'objet d'attaques répétées depuis des années.
Un leadership renforcéS'il s'est approprié l'expression « Le Vieux » dont l'affuble affectueusement les jeunes troupes de la FI, Jean-Luc Mélenchon veille jalousement à ne pas apparaître obsolète. Il continue d'entretenir son image de politique connecté à grands renforts d'interviews sur les plateformes en ligne, ou en consacrant l'une de ses dernières conférences à la conquête de l'espace. Il a également veillé à ne pas laisser émerger de concurrence en interne, purgeant certains ambitieux comme le député François Ruffin en 2024 et s'entourant de fidèles.
Des fidèles en bouclierJean-Luc Mélenchon s'expose moins, notamment médiatiquement, depuis quelques mois, laissant à ses lieutenants la charge de gérer les polémiques que les Insoumis déclenchent en rafales pour faire émerger dans les débats leurs sujets de prédilection. Telle une légion romaine, en formation tortue bien sûr, les troupes de LFI veillent à épargner leur chef avant la véritable entrée en campagne. Jusqu'à parfois friser l'hypocrisie, à l'image de ce très proche qui affirme que « Jean-Luc Mélenchon a toujours la velléité d'être remplacé et qu'il n'est pas encore notre candidat ». Tout en martelant qu'il est à la fois « excellent et le mieux placé » et qu'évidemment il le soutient « à titre personnel ».
À lire aussiPolitique française: Marine Tondelier, Olivier Faure et Raphaël Glucksmann, un trio qui joue gros en 2026