Après l’enlèvement de Nicolas Maduro, Cuba et le Groenland dans la tourmente
07 January 2026

Après l’enlèvement de Nicolas Maduro, Cuba et le Groenland dans la tourmente

Journal d'Haïti et des Amériques

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La chute de Nicolas Maduro menace d’aggraver une économie cubaine déjà mal en point, tandis que Donald Trump lorgne désormais vers le territoire danois.

Le procureur général du Venezuela demande à la justice américaine de se déclarer incompétente pour juger Nicolas Maduro. Le président a été enlevé samedi dernier à Caracas lors d'une intervention sidérante de l'armée américaine accompagnée de bombardements dont les autorités vénézuéliennes ont publié les premiers bilans. Elles parlent de dizaines de victimes civiles et militaires. Et parmi elles, 32 soldats cubains. Les deux pays entretiennent des relations étroites. Caracas fournit du pétrole à Cuba et La Havane, des médecins et des militaires au Venezuela. Le départ de Nicolas Maduro pose donc un certain nombre de questions. L’opposant cubain José Daniel Ferrer, exilé aux États-Unis, s’en est confié à Romain Lemaresquier, du service International de RFI.

Menace sur le Groenland

Les États-Unis renforcent leur mainmise sur le Venezuela. Donald Trump affirme que le pays va désormais leur fournir entre 30 et 50 millions de barils de pétrole, sous son propre contrôle. Le président états-unien répète aussi ses menaces à l’encontre du Groenland, disant envisager plusieurs options pour faire main basse sur la plus grande île du monde.

Y compris « utiliser l'armée ». On le rappelle, le Groenland est un territoire autonome appartenant au Danemark, lui-même membre de l'Otan. Tout comme les États-Unis. À ce titre, les deux pays se doivent mutuellement assistance contre toute agression. Ce qui fait dire à la Première ministre danoise Mette Frederiksen que si Washington décide d'attaquer militairement un autre pays de l'Otan, « tout s'arrête ».

Or, estime le Washington Post, « le Groenland ne vaut pas la peine de détruire l'Otan ». Le quotidien considère que « le simple fait d'évoquer cette possibilité cause déjà de nombreux dégâts ». Un avis partagé par le Wall Street Journal, qui reconnaît toutefois que l'intérêt porté au territoire danois est justifié. Mais pour le quotidien économique, les États-Unis n'ont pas besoin de brandir de telles menaces pour renforcer leur présence sur l'île.

Micmac au sein du CPT

En Haïti, le coordonnateur du Conseil présidentiel de transition Laurent Saint-Cyr doit quitter ses fonctions dans tout juste un mois. Mais son départ du CPT aurait même pu avoir lieu dès aujourd'hui. C'est ce que raconte Le Nouvelliste. Lundi, une source au sein du Conseil a indiqué au quotidien que cinq conseillers présidentiels étaient d'accord pour remplacer ce mercredi Laurent Saint-Cyr. Ils voulaient réduire son mandat à cinq mois comme pour ses prédécesseurs et le remplacer par un nouveau coordonnateur, jusqu'à la tenue d'élections.

Il semble qu'ils aient finalement tous changé d'avis. Ce micmac traduit une nouvelle fois l'absence de collégialité au sein de l'organe de transition. Et pousse Frantz Duval, le rédacteur en chef du Nouvelliste, à s'interroger : « Le pays va-t-il enfin entrer dans la dernière ligne droite de la transition CPT ou faut-il s’attendre à un dernier zigzag ? »

Le Nouvelliste plaide pour une guerre économique totale contre les gangs. « Lorsque les premiers contingents de la Force de répression des gangs se déploieront en 2026, ils ne feront pas face à une simple insurrection de bandits en guenilles. Ils affronteront une holding criminelle diversifiée, résiliente et parfaitement intégrée », prévient-il.

Pour le quotidien, la force armée ne suffira pas pour mettre les gangs définitivement à terre. Il faut les asphyxier financièrement en leur coupant l'accès au dollar, développer le transport maritime pour contourner les barrages routiers et gagner la guerre des esprits et du renseignement. Et de conclure : « Il n'y a pas de match nul possible contre une tumeur. Il faut l'asphyxier ou mourir. »

Dans les favelas de Rio, l’emploi contre le crime

Direction enfin dans les favelas brésiliennes. Les zones les plus défavorisées du pays sont aussi les plus susceptibles de voir les groupes criminels s’infiltrer. Le crime offre des possibilités aux 51% de jeunes qui n'ont ni études à suivre ni emploi à Rio. C'est évidemment risqué, mais c'est parfois la seule alternative pour ces jeunes. Des organisations tentent de leur proposer d’autres solutions, rapporte notre correspondante à Rio de Janeiro, Sarah Cozzolino.