Pétrole, gaz, blé: Moscou et Washington se partagent-ils les robinets du monde?
Géopolitique
Le 12 octobre, la Marine nationale a arraisonné au large de La Réunion un pétrolier de la flotte fantôme russe. Trois jours plus tôt, Donald Trump levait les sanctions sur le gazole russe. Deux décisions qui en disent long sur la place qu’occupe aujourd’hui l’énergie dans les rapports de force mondiaux.
Le DF Peak naviguait sous un faux pavillon béninois. Jusqu’en 2024, il s’appelait le Kaliningrad. Comme des centaines d’autres vieux tankers, il permet à Moscou de continuer à vendre son pétrole malgré les sanctions européennes.
Mais au même moment, Washington prenait le chemin inverse. Face à des prix du diesel au plus haut à quelques semaines des élections de mi-mandat, l’administration Trump a autorisé jusqu’en avril 2027 l’achat de gazole russe. En échange, Kiev est priée de cesser ses frappes sur les raffineries russes.
L’Europe arraisonne, l’Amérique achète. Et pendant ce temps, la mer Noire reste une zone de guerre, où des cargos sont frappés au large de la Bulgarie. Le blé, lui aussi, est devenu un instrument de puissance.
Pour comprendre ce grand marchandage, Géopolitique s’appuie sur le rapport CyclOpe, référence sur les marchés des matières premières, qui publie cette année sa quarantième édition. Une aventure née en 1983 d’une chronique hebdomadaire sur l’antenne de RFI.
Invités :
- Philippe Chalmin, professeur émérite d’histoire économique à l’université Paris-Dauphine-PSL, fondateur et directeur du rapport CyclOpe François Luguenot, ingénieur agronome, directeur de FL Consultant, auteur du chapitre céréales de CyclOpe
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