La littérature peut-elle lutter contre l’effacement de la Palestine ? Un roman, un poème… Est-ce que ça peut préserver le souvenir d’une enfance passée sous un citronnier unique au monde, auprès duquel on mangeait des koussas (ces courgettes farcies), pas loin du son du mijwiz ? Ces questions, le romancier Jadd Hilal se les pose, voilà pourquoi il les dépose en phrases marbrées.
Dans son nouveau roman Ici commence la terre (éd. Elyzad), on peut lire « la mort du ciel palestinien, dans le cercueil des immeubles ». Une phrase qui, bien sûr, ne ramènera pas les vies qui circulaient dans ces immeubles, mais qui donne envie de pousser la porte (même romanesque) pour les connaître, ces vies. Pour ce fils d’éternels migrants (Palestine, Liban, MO, Europe), cette phrase aussi : « Trop de sols ôtés sous nos pieds pour marcher droit », la question du sol et la question du droit attendra. À l’anéantissement programmé de la Palestine, Jadd Hilal semble opter pour la question des destructions existentielles et mentales de monsieur et madame Tout-le-monde.
Programmation de l’invité :
Bachar Mar-Khalifé - « Zakrini »
Shkoon - « Lala »