Ordonné prêtre, Barthélémy part comme missionnaire au Japon. La distance, loin de la France et de ses repères, agit alors comme un catalyseur : il s’intéresse aux scandales de l’Église relayés par la presse. Le rapport Sauvé et la lecture du livre Sodoma, de Frédéric Martel, l’amènent à mettre des mots sur certaines dérives dont il est témoin depuis son entrée au séminaire. En pleine crise de sens, face au déni de ses supérieurs qu’il prie d’agir, il envisage son divorce avec l’institution.
Envoyé au Japon comme prêtre missionnaire, Barthélémy pense s’éloigner des turbulences de l'Église catholique en Europe. Mais cette expérience à l'étranger va accélérer sa prise de conscience.
Du déni à la prise de conscienceIsolé à Kobe, Barthélémy prend le temps de réfléchir à la situation de l’Église. Il visionne le film Spotlight, consacré aux scandales d'abus sexuels dans l'Église catholique et lit Sodoma, l'enquête retentissante du journaliste français Frédéric Martel sur les secrets du Vatican.
« Je lis le bouquin en une semaine, c'est un pavé énorme. Dans ma tête, tous les tiroirs s'ouvrent. Je me dis : plus jamais je ne me laisse aveugler par ce qui se passe réellement dans l'Église. » – Barthélémy
En replongeant dans ses souvenirs de séminariste, il réalise qu'il a croisé la route d'un prêtre condamné pour abus sexuels. Prenant conscience de sa part de « silence complice », il prend une décision : écrire directement aux évêques français pour dénoncer la culture du secret et le mécanisme de dissimulation au sein de l'Église.
Le retour à la vie civile : de la soutane à l'hôtellerieEn parallèle de ces révélations, le quotidien de Barthélémy au Japon se détériore. Confronté à un profond sentiment d'isolement, il lutte contre un ennui profond, et sombre dans la dépression. Pour survivre, il choisit la rupture : quitter le sacerdoce et renoncer à la vie de prêtre.
« J'avais simplement informé ma congrégation que je déménageais à Paris. Mais en fait, c'était un acte très fort et ils le savaient parce que je ne leur demandais pas l'autorisation. Je les ai informés que je faisais un choix de vie pour moi et ils n'ont pas beaucoup réagi » – Barthélémy
De retour dans la capitale, Barthélémy retrouve l’anonymat. En devenant bagagiste et concierge dans un petit hôtel parisien, il redécouvre des relations humaines simples et s'épanouit en prenant soin des autres, loin des normes de l’Église.