«Le Chêne», le vivre-ensemble dans la nature
23 August 2025

«Le Chêne», le vivre-ensemble dans la nature

C'est dans ta nature

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Le festival Ciné-Jardin, jeudi 28 août à Paris, projette en plein air le film Le Chêne et ses habitants, de Laurent Charbonnier et Michel Seydoux. Une fiction tournée avec des acteurs non-professionnels : tous les animaux qui vivent grâce à un chêne de la campagne française. Un film sorti au cinéma il y a deux ans et demi.

Rediffusion du 27 février 2022

« Ce sont tous des bons acteurs ! Je trouve que les mulots sont formidables, les geais sont assez bons aussi, ils se démerdent, très très forts, ils transmettent des émotions... » Le producteur et réalisateur Michel Seydoux est fier de ses acteurs, à poils et à plumes, des personnages principaux comme des seconds rôles, qui gravitent autour de ce chêne, un arbre de 110 ans, filmé sous toutes ses branches, dans la forêt de Chambord, par le cinéaste animalier Laurent Charbonnier. 

Quatorze mois de tournage au fil des saisons, du printemps au printemps, 350 heures d’images et 44 semaines de montage pour aboutir à un petit bijou naturaliste : Le Chêne et ses habitants, un film de près de 1h30, sorti en France mercredi 23 février 2022, où tous les acteurs tiennent leur propre rôle.

Nature foisonnante 

Le tournage avait commencé avec le premier confinement anti-Covid de mars 2020. « Il n’y avait plus un avion dans le ciel, plus un bûcheron avec une tronçonneuse, se souvient Michel Seydoux. Il n’y avait plus de promeneurs, il n’y avait plus rien, il n’y avait plus de chasse, plus d’élément perturbateur, et donc tout d’un coup les animaux étaient tous ensemble autour de l’arbre. »

Ce qui donne des scènes exceptionnelles et presque surréelles où sur un même plan apparaissent par exemple un héron, un chevreuil, des sangliers... Une nature idéale et foisonnante. « Il y a des scènes qu’on n’a pas osé monter, ça faisait “manifestation pour le pouvoir des animaux”, tellement il y avait d’espèces ! Des rouges-gorges qui viennent dans les pattes des chevreuils, ce sont des choses qu’on ne voit pas souvent. »

L’arbre de Noé 

Le chêne est le héros du Chêne, un « arbre de Noé », comme Laurent Charbonnier avait intitulé le projet originel, planté au cœur de cet écosystème. Le chêne est d’abord un hôte qui accueille et abrite de nombreuses espèces : l’écureuil, qui y a construit sa maison de branches et de brindilles au plus haut. La chouette effraie, qui dort dans un trou du tronc. Les mulots qui ont construit leur terrier sous ses racines...

C’est aussi, et surtout, un chêne nourricier ; tout le monde s’arrache ses fruits ! Le gland est un personnage en soi. « Quand on a travaillé sur le scénario, on a fait le listing de tous les animaux pour qui le gland avait de l’importance, raconte Michel Seydoux. Les cervidés qui les mangent, ou les mulots qui les transportent et qui les mettent dans leur terrier comme réserve pour l’hiver, les geais qui vont les planter - au moment de l’époque glaciaire, la forêt avançait de près de 500 mètres par an grâce aux geais et aux écureuils qui les transportaient. »

Au cœur d’un écosystème 

Les glands servent aussi de nurserie pour le balanin, un insecte doté d’une longue trompe courbée : la femelle perce le gland et y pond, pour que la larve s’en nourrisse.

Dans Le Chêne, il y a des scènes de sexe, de tendresse, une course poursuite… C’est la vie animale dans un superbe film qui célèbre le vivre-ensemble dans la nature. Où tout se tient. « Vous avez un écosystème autour d’un arbre, vous avez des espèces qui sont indépendantes ; si vous cassez ce système-là, tout disparaît. Donc c’est le savoir-vivre ensemble, l’indispensabilité des uns par rapport aux autres. Alors évidemment de temps en temps, il y en a quelques-uns qui se font bouffer, c’est la vie ! Mais ce qui me donne beaucoup d’espoir, conclut Michel Seydoux, c’est que les gens peuvent, avec leur culture, dans chaque endroit, comprendre l’importance de protéger cette formidable biodiversité. »

 

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