
La mésaventure d'une cigogne, le bec coincé dans une canette en aluminium de Coca-Cola, dans l'est de la France, illustre une nouvelle fois les dangers de la pollution et des déchets humains pour la biodiversité. (Rediffusion du 25/06/2023)
C’est une histoire qui a failli bien se terminer, l’histoire de la cigogne et de la canette de Coca. Un agriculteur, Paul Bubba, avait aperçu l'échassier dans un champ près de Vesoul, dans l’est de la France, son long bec coincé dans une canette, avant qu’elle ne s’envole. Mobilisation générale pour retrouver et sauver l’animal. Ce qui fut fait, grâce à un avis de recherche lancé par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).
Une classe d'enfants, en sortie scolaire, l'a aperçue quelques jours après, bien plus loin, et la cigogne, affaiblie, a pu enfin être secourue. « Ça faisait à peu près 15 jours qu’elle avait cette canette dans le bec. On était presque au maximum de la survie de l’oiseau, précise Bernard Marchiset, le président de la LPO Bourgogne Franche-Comté. On était un peu surpris, d’ailleurs, qu’elle ait pu faire 150 km pour aller dans la Saône-et-Loire depuis Vesoul. C’est impressionnant, la résistance de cet oiseau ! » Mais la cigogne, incapable de boire et de manger pendant autant de temps, avait perdu la moitié de son poids, et deux jours après, elle est morte, en centre de soin, victime de la pollution humaine.
« Bêtise humaine »Pourquoi la cigogne a-t-elle donc plongé son bec dans une canette en aluminium ? « Beaucoup de canettes contiennent du sucre, qui attire des insectes, et la cigogne a très certainement voulu attraper des insectes à l’intérieur de la canette », explique le président de la LPO Bourgogne Franche-Comté, qui témoigne que « beaucoup de personnes ont été touchées par la bêtise humaine de quelqu’un qui a jeté une canette dans la nature sans penser aux conséquences qu’il pourrait y avoir sur le vivant et la biodiversité. »
L’aluminium met une centaine d’années à se dégrader dans la nature… C’est quatre fois plus pour le plastique qui provoque de nombreux dégâts chez les oiseaux. « On a des milans qui ont niché il y a trois ou quatre ans à côté du lac, ici, près de Vesoul. Ils avaient tapissé leur nid de sacs plastiques. C'étaient des nids tout bleus, raconte Bernard Marchiset. Là, il n’y a pas de problèmes vis-à-vis de l’oiseau, mais il y a tous ceux qui ingèrent des plastiques. L’océan est une véritable poubelle et on a beaucoup d’exemples chez les oiseaux d’eau qui ingèrent des bouts de plastiques et qui en meurent. »
Océans de plastiqueDes millions de tonnes de plastique se retrouvent chaque année dans les océans. En 2050, il pourrait y avoir en mer plus de plastique que de poissons. Selon l’Unesco, 1 million d’oiseaux et 100 000 mammifères marins meurent chaque année dans le monde à cause de la pollution plastique. Des tortues aussi, qui confondent les sacs plastiques avec les méduses. Sans parler des poissons, qui ingèrent le microplastique et qui se retrouvent dans votre assiette – n’en jetez plus !
À écouter aussiMonsieur Chang, héros mal payé de la collecte de déchets à Pékin