Des candidats et un président
11 September 2021

Des candidats et un président

RFI

La rentrée politique bat son plein et déjà 2022 est dans tous les esprits, à tel point que les candidatures à la présidentielle se multiplient à gauche, à droite. Un embouteillage qu'Emmanuel Macron regarde de loin, d'un poste d'observation privilégié : l'Élysée. L’un de ses anciens conseillers aimait décrire un Emmanuel Macron « en surplomb ». À l'orée de la campagne présidentielle, l'expression est plus que jamais adaptée. Le président de la République fait tout pour montrer qu'il est dans « l'action », le travail, loin des politicailleries dans lesquelles ses adversaires se jettent avec enthousiasme en cette rentrée. Un sénateur En Marche se délecte de la gestion présidentielle de cette séquence en déclarant qu'Emmanuel Macron a fait « une excellente semaine ». Il est allé en Irlande, en Irak, à Marseille, a parlé de la situation sanitaire, de l'Afghanistan. Sa conclusion : « Qui peut faire ça? Il étouffe le débat politique. » Et visiblement Emmanuel Macron a l'intention de continuer dans cette posture car selon l'un de ses proches, « il sera candidat le moment voulu, le plus tard possible », sans doute pas avant le début de l'année prochaine. En attendant, il est « en mouvement » et continue à construire son bilan. Un président qui préside, des candidats qui candidatent C’est la valse des candidatures. À gauche, Jean-Luc Mélenchon a ouvert le bal suivi par le communiste Fabien Roussel. Les écologistes doivent départager avec une primaire les cinq candidats en lice : Jadot, Piolle, Rousseau, Batho, Governatori. Ce qui fait dire du côté du parti présidentiel que c'est la « cacophonie à gauche », encore plus avec la candidature de Montebourg qui « rajoute aux divisions ». Emmanuel Macron n'aurait du coup rien « à craindre de la gauche ». Sauf peut-être d'Anne Hidalgo, « la seule qui peut réussir », selon un proche du président. Encore que, un ancien socialiste plus vachard estime qu'il est peu probable qu'elle commence à 7 % dans les sondages pour finir à 18. À droite aussi, les candidats poussent comme des champignons Ce qui se passe de ce côté-là de l'échiquier politique inquiète un peu plus le camp présidentiel où certains jugent qu'une candidature d'Éric Zemmour prendra plutôt des voix à Marine Le Pen, donc « fera le jeu » des Républicains et qu'un Républicain au second tour, « c'est plus dangereux que Marine Le Pen ». Un candidat de droite, oui, mais lequel ? Dans la Macronie, on voit Valérie Pécresse prendre l'avantage sur Xavier Bertrand qui serait, veulent croire certains, « à son plafond ». Mais tout cela est bien loin des préoccupations d'Emmanuel Macron. Enfin officiellement.