Reportage France

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Du lundi au vendredi, un reportage pour mieux connaître la société française et comprendre ses débats.

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26 May 2022

Des élèves de Villiers-le-Bel initiés au tennis sur les courts de Roland-Garros

RFI
Paris accueille en ce moment à Roland-Garros les plus grands joueurs de tennis au monde. Un événement parfois caricaturé et un sport souvent présenté comme « celui des riches ». Un cliché qui a la vie dure, mais la réalité est peut-être plus nuancée. Sur les courts, des élèves d’une école primaire de Villiers-le-Bel issus d’un quartier populaire de la région parisienne ont récemment été initiés à la petite balle jaune.
25 May 2022

Football: la finale de la Ligue des champions vue depuis Saint-Denis

RFI
Dans deux jours, un rendez-vous très important pour les fans de football. La finale de la Ligue des champions entre Liverpool et le Real Madrid aura lieu à Saint-Denis, au Stade de France. L'enceinte accueillera l'évènement pour la 3e fois, après les éditions de 2000 et 2006, qui va donc une nouvelle fois mettre en lumière la ville de Saint-Denis et son département. Tanguy Roman Clavelloux est allé voir comment les habitants et commerçants abordent l'évènement.
24 May 2022

JO 2024: des Maliens sans-papiers travaillaient sur un chantier du village des athlètes

RFI
Les chantiers des JO de Paris 2024 devaient être exemplaires. Une charte sociale avait même été signée en juin 2018 entre les pouvoirs publics, les organisations patronales et syndicales. Mais la réalité semble quelque peu différente. Fin mars, l'inspection du travail a découvert que huit Maliens sans-papiers travaillaient à la construction du village des athlètes, à Saint-Denis, au nord de Paris. Ils étaient employés par un sous-traitant de GCC, grand groupe de BTP. Un classique dans cette branche d'activité.  Sous l'œil droit, Sidi Tounnkara a une marque. La cicatrice d'une blessure qu'il s'est faite en travaillant sur le chantier du village des JO. Quand il va à l'hôpital pour se faire soigner, ce Malien de 32 ans se garde bien de dire dans quelles circonstances c'est arrivé : sur ordre de son patron, un homme qui le menace régulièrement. « À chaque fois, il nous dit que si on ne travaille pas, il y a beaucoup de sans-papiers et donc qu'il peut nous virer à tout moment. Et que si on n'est pas content, on peut prendre la porte. » Alassane Traoré travaillait pour le même employeur, mais sur d'autres chantiers. Lui aussi décrit des conditions de travail indignes. Les tâches les plus dures reviennent systématiquement aux ouvriers sans-papiers. « Tu peux passer la journée, voire la semaine, à travailler avec des marteaux-piqueurs ou avec la masse qui pèse 10 kg. Souvent, on travaille aussi dans des chantiers amiantés. On est souvent exposé à pas mal de risques. Bon, on a quand même un casque et des gants. Hormis cela, la tenue de travail, c'est nous qui nous démerdons pour l'avoir, y compris les chaussures de sécurité aussi. Le patron, il profite de ta situation. » Une utilisation systématique des sans-papiers dans le BTP en France À cela s'ajoutent les heures supplémentaires non payées, les indemnités de repas et de transport non versées. Sans compter que les travailleurs sans-papiers ne cotisent ni pour la retraite, ni pour le chômage. Alassane Traoré et ses camarades ont fini par dire stop et par pousser la porte du syndicat CGT à Bobigny, comme l'explique Jean-Albert Guidou, responsable des travailleurs étrangers en Seine-Saint-Denis. « Dès que j'ai su qu'il y avait les Jeux olympiques, je me suis dit : "Ça va nous attirer du boulot supplémentaire". Pour une raison simple, c'est que le système et l'organisation du BTP en France, avec l'utilisation systématique de la sous-traitance, non pas d'une sous-traitance technique, mais simplement de la sous-traitance qui apporte de la main-d'œuvre corvéable à merci, flexible, pas cher, aboutit à l'existence sur les chantiers de très très nombreux travailleurs sans-papiers. Là, c'est la responsabilité des grosses entreprises du BTP, parce que ce sont elles qui font appel à la sous-traitance, qui ne surveillent pas leurs chantiers ni leurs sous-traitants. » De son côté, GCC répond qu'elle n'avait aucun moyen de savoir que l'un de ses sous-traitants faisait travailler des ouvriers au noir. Légalement, l'entreprise ne peut pas contrôler leurs papiers, explique l'un de ses représentants. Une enquête de l'inspection du travail visant le responsable de la société sous-traitante est actuellement en cours. Les Maliens, eux, ont obtenu leur régularisation rapidement, mais la lutte continue. Avec l'aide de la CGT, ils comptent saisir les Prud'hommes pour se faire payer leurs heures supplémentaires. Ils demandent également à GCC de les embaucher en CDI. Une première rencontre a eu lieu ce 24 mai.
23 May 2022

Ecocéan, l’entreprise montpelliéraine qui restaure la biodiversité dans les ports français

RFI
Réparer ce que l’homme a détruit, au moins en partie, c’est le pari que s’est lancé l’entreprise montpelliéraine Ecocéan. Son terrain d'action : les ports. Grâce à plusieurs procédés innovants, Ecocéan s'emploie, depuis une dizaine d'années, à repeupler en poissons et à restaurer la biodiversité de ces zones bétonnées. Depuis 2015, elle a relâché plus de 17 000 poissons en mer Méditerranée. Marine de La Moissonnière a visité la ferme à poissons que cette entreprise a installée dans le port de Marseille. « Vous avez juste un petit pédiluve, c'est une première barrière sanitaire et on passe dessus pour se désinfecter. » Pas question de prendre le moindre risque pour le millier de bébés poissons qui grandissent dans ces bacs installés dans ce container sur le grand port maritime de Marseille. Pêchés à l'état de larves à quelques mètres de là, en mer Méditerranée où leurs chances de survie sont presque nulles – en raison notamment de la pollution, des changements climatiques et de la disparition de leur habitat naturel – ces poissons vont passer environ 6 mois ici. Le temps de devenir plus grands et plus forts, comme l'explique Damien Einsargueix, responsable des fermes à poissons d'Ecocéan. « Soit on fait des pâtés maisons, soit on achète aussi un granulé. Et à côté, on a aussi des proies vivantes pour pouvoir stimuler les animaux à l'instinct de chasse. On a des heures de nourrissage qui sont différentes tous les jours. Et après, on a volontairement des couvercles qui sont opacifiants pour éviter, quand on passe près des bassins, que les animaux s'intéressent à l'homme. Ce qui nous intéresse, c'est presque que les animaux aient peur quand on soulève le couvercle. Parce que dans la nature, c'est avec un comportement comme ça qu'ils vont être à l'abri des prédateurs. » « Là, vous avez des animaux qui sont beaucoup plus gros, entre 7 à 10 cm facilement. Donc, plus que quelques semaines avant de regagner la grande bleue. » Recréer un habitat naturel Autre manière de protéger les jeunes poissons : leur installer des refuges dans les ports. Sabrina Palmiéri, responsable du marketing chez Ecocéan : « Ce qui est suspendu aux pontons, ce sont des cages en acier qui sont remplies de coquilles d'huîtres qui permettent aux poissons de trouver le gîte et le couvert, tout simplement ». Ces cages servent de nurseries aux jeunes poissons. Accrochées à des rochers, aux pontons, aux quais ou aux chaînes de mouillage, ces oasis de biodiversité remplacent leur habitat naturel. « Les ports font de gros efforts pour avoir une qualité d'eau de baignade, donc les poissons ne se rendent pas forcément compte qu'il y a de la pollution. Ils sont souvent attirés par l'activité, parce qu'ils se disent que s'il y a du bruit, il y a peut-être quelque chose à manger, à faire, à chasser. Donc, ils rentrent dans un port aussi bien que dans une zone naturelle et ils se retrouvent pris au piège parce qu'il y a des prédateurs. Ils ne peuvent pas se réfugier ou se cacher, parce qu'ils se retrouvent dans un endroit où l'habitat naturel a disparu. » La conservation comme mot d'ordre Alors même si on peut corriger les erreurs de l'homme et aider les poissons lors de stades critiques de leur développement, ce n'est pas pour autant que tout est permis, met en garde Philippe Lenfant, professeur d'écologie marine à l'université de Perpignan. « Plus on dégrade, plus c'est difficile de retrouver des fonctionnalités et plus ça coûte cher. Donc, l'idée, c'est de dégrader le moins possible, c'est la non-destruction et la conservation. Là où on a déjà impacté, essayons d'aider la nature et l'écosystème à repartir. » Et pour que les effets soient significatifs, insiste Philippe Lenfant, il faut que dans une même région, plusieurs ports se lancent dans la restauration écologique.
22 May 2022

Changement climatique: Laurent Dirat, un agriculteur innovant face à la sécheresse

RFI
Aucun territoire français ne devrait échapper à la sécheresse cet été. Les prévisions du ministère de la Transition écologique ne sont pas rassurantes pour les agriculteurs. Déjà confrontés à une sécheresse rude, il a peu plu cet hiver, et les fortes températures de ce mois de mai n'ont rien arrangés. Comment lutter contre ce phénomène ? Rencontre avec un agriculteur innovant dans le Sud-Ouest de la France qui cherche des solutions pour ses céréales et ses légumes. Sous un soleil de plomb, sur des collines balayées par le vent d'autan, la terre argileuse se craquelle déjà. La sécheresse ici Laurent Dirat agriculteur la connait bien. c'est un sacerdoce pas si récent. « Nous, on a la sécheresse tous les ans. On est tout le temps dans une situation de crise. Au printemps ou en été, ou quelque fois même en automne, on essaie de s'adapter en appliquant certaines techniques, ce qui nous permettra de passer un cap, mais qui ne fera pas des miracles si on n'a pas l'essentiel : l'eau. » ► À écouter aussi : Face à la sécheresse, l'Espagne s'organise Trouver les variétés les plus résistantes Des solutions, Laurent Dirat, paysan-chercheur « Géo Trouvetou », il en a mis en place. Pour ses 230 hectares de blé, tournesol et légumes exotiques, il a longtemps testé pour trouver les variétés les plus résistantes. Contre les mauvaises herbes il a remplacé le glyphosate par du binage. Aves les autres agriculteurs, il a travaillé pour sauvegarder l'or bleu de la région : l'eau descendant de la chaîne des Pyrénnées. « On va prélever une partie de l'eau qui vient d'un torrent pour l'envoyer sur 17 rivières de Gascogne dont notre rivière – l'Arrats – qui nous alimente via des pompes et un réseau d'irrigation. On peut arroser grâce à ce matériau-là. » Ce qui lui permet de mettre en place un système de goutte à goutte comme sur ces champs de kiwano. C'est un concombre kényan particulièrement gourmand en eau. « Je relève le goutte à goutte, regardez, voilà les gouttes qui tombent... Alors, elles ne font pas de bruit, certes, elles sont espacées de 30 centimètres et là on est à 2 litres par heure. On n'aura pas besoin d'irriguer beaucoup... », dit-il en montrant de jeunes feuilles qui poussent en bonne santé. ► À écouter aussi : Sécheresse précoce en France: «Une pluie d’été n’a pas le même impact qu’une pluie d’hiver» Choix stratégiques Ces innovations n'ont pas toujours permis à Laurent Dirat d'être rentable à court terme. Mais il a fait des choix stratégiques, comme le font nombre d'agriculteurs français en ce moment par exemple en augmentant leur production de tournesol.  Cela fait partie des solutions, selon Yves Martel, grossiste 30 ans durant sur le marché de Rungis. Il y a des plantes qui vont être plus adaptées à certains milieus de sécheresse. On parle actuellement avec le problème de l'Ukraine d'une remise en place du tournesol. Le tournesol est une plante qui a besoin d'eau mais qui n'a pas besoin d'autant d'eau que le maïs en ce moment, qui pourrait être une solution de repli à certaines périodes de l'année sur certaines régions. Avec près de 1 000 euros la tonne, les prix du tournesol ont explosé. L'Ukraine fournissait 60% de la production mondiale avant le début de la guerre.
19 May 2022

Dans les calanques, un passe contre l'érosion

RFI
Une première en France : le Parc national des Calanques va instaurer un passe pour accéder à la petite crique de Sugiton, à Marseille. L’une des plus belles, mais aussi des plus fréquentées. Pour y faire face, le parc veut mettre en place une autorisation d’accès gratuite, à réserver en ligne trois jours à l’avance, pour limiter le nombre de visites à 400 par jours, contre 2 500 au plus fort de la saison. Une mesure qui vise à éviter l’érosion et la disparition d’une partie de la flore dans cette crique.
18 May 2022

À Nanterre, la Ferme du Bonheur est menacée de disparaître

RFI
À Nanterre, dans la banlieue ouest de Paris, un espace alternatif est menacé de disparaître. La Ferme du bonheur est créée au début des années 1990 en bordure de l'université Paris-Nanterre. Aujourd'hui, la mairie veut y construire des logements étudiants et des bureaux. Une pétition en ligne contre la disparition de la Ferme du Bonheur a recueilli pour le moment plus de 5 000 signatures. Depuis 2008, la Ferme s'est étendue sur une autre friche située à dix minutes à pied, de l'autre côté de l'université : le Champ de la Garde. Pour ce deuxième espace, un appel à projet devrait être lancé pour y développer de l'agriculture urbaine. 
17 May 2022

Le Monopoly des inégalités

RFI
Comment expliquer aux plus jeunes ce qu'est la discrimination ? L'Observatoire des inégalités tente de les sensibiliser à la question. Cette association fait un état des lieux régulier des inégalités en France. Elle a également mis en place différents outils, comme le Monopoly des inégalités, qui permet d’aborder le sujet à travers le jeu. Reportage auprès d'une classe de 4e au collège Boris Vian, dans le XVIIe arrondissement de Paris.
16 May 2022

Transphobie: «L'agression vient des préjugés qu'on peut avoir sur les personnes»

RFI
Selon plusieurs enquêtes, en 2021, 375 personnes transgenres, des personnes dont l'identité de genre ne correspond pas au sexe qui leur a été assigné à la naissance, ont été assassinées dans le monde, dont 96% de femmes. En France, sur le premier trimestre 2021, 1 968 agressions physiques ont été recensées. On ne compte plus les agressions verbales. Témoignages. Cheveux blonds, visage aux traits fins et lunettes à la monture papillon, Diane Leriche est une femme transgenre. Elle se définit comme activiste et féministe, pour elle la transphobie est contenue dans le mot « transgenre ». « L’agression elle vient des préjugés qu’on peut avoir sur les personnes. Qu’une personne trans est forcément un objet sexuel, c’est forcément un objet à fantasmes, c’est une perverse sexuelle... », décrit Diane Leriche. « Créature déviante » fait également partie du vocabulaire. Quand une femme transgenre n’a pas encore changé d’état civil, les paroles font mal. « Quand vous arrivez chez un ophtalmologiste dans un grand cabinet, que vous donnez votre carte de sécurité sociale, que vous n’avez pas encore fait votre changement d’état civil et qu’on vous appelle “monsieur” alors qu’en expression de genre, on voit bien que vous êtes une femme, vous êtes “outés” (révélation publique par un tiers de la sexualité ou du genre de naissance d’une personne, sans son accord préalable, ndlr) devant tout le monde, tout ça pour une histoire de documents », déplore Diane Leriche. ► À écouter aussi : Malgré la loi, la transphobie reste forte en France Une transphobie insidieuse Une personne qui se sentirait femme, mais serait née dans un corps de garçon peut entamer un processus de transition à l’aide en premier lieu d’un traitement hormonal. Visage doux aux yeux légèrement maquillés, sourire timide Daisy Letourneur, 40 ans, se présente en robe de printemps, elle milite au sein du collectif « Toutes des femmes ». Selon elle, la transphobie peut être insidieuse. « Ça se retrouve dans plein d’expériences où on doit effectivement, au niveau administratif, justifier de qui on est, des médecins qui, ne connaissant pas les personnes trans, vont poser des questions très personnelles, parler de notre transition alors qu’on a un rhume. Il y a mille choses, petites et grandes, qui arrivent et relèvent de la transphobie au quotidien dans nos expériences. » La discrimination existe aussi dans le travail, ce qu’a vécu Daisy Letourneur. « Ça peut par exemple être “on va te mettre au placard pour ne pas te montrer devant les clients”, ou alors nous dire “d’accord, tu peux être une femme avec nous, mais face au public, tu restes un homme.” » Quand la transphobie vient des proches Mais la transphobie est ressentie de manière cruelle comme elle touche aux proches, confirme Diane Leriche. « J’ai un seul frère qui n’a toujours pas compris et suivant les situations, il va me genrer au masculin. Il va le faire exprès. Je l’apprécie beaucoup, je l’aime même, mais j’évite les contacts avec lui parce que moi, ça me fait mal. Il renie mon être, qui je suis au plus profond de moi-même », martèle Diane Leriche. Daisy Letourneur baisse les yeux, ce qui lui fait le plus de peine, c’est le rejet d’un ami très cher. « Ça s’est fait sans un mot, tout simplement. Il a arrêté de répondre à mes appels, à mes messages. Ça, ça reste en travers de la gorge... », lâche-t-elle. Les associations dénoncent aussi une transphobie institutionnelle, même s’il y a eu des avancées il est encore très compliqué de changer d’état civil, les transgenres doivent se justifier devant un juge. Après une baisse en 2020 dans un contexte de crise sanitaire, les plaintes ou crimes et délits ont augmenté de 28 % en 2021, selon le ministère de l’Intérieur.
15 May 2022

Fin du masque obligatoire dans les transports en France

RFI
À compter de ce lundi 16 mai, le port du masque n'est plus obligatoire dans les transports en commun en France. Le nombre de cas quotidiens continue de baisser et les autorités ont décidé d'assouplir les règles. Mais pour celles et ceux qui sont le plus exposés au Covid-19, les personnes âgées, les immunodéprimés ou atteints de comorbidités, le port du masque reste fortement recommandé. Cette décision n'est pas sans les inquiéter.