Reportage Afrique

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Nos correspondants et envoyés spéciaux sur le continent africain vous proposent, chaque jour, en deux minutes une photographie sonore d'un évènement d'actualité ou de la vie de tous les jours. Ils vous emmènent dans les quartiers ou dans les campagnes pour vous faire découvrir l'Afrique au jour le jour.

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22 May 2022

Guinée: les victimes de la répression du régime d'Alpha Condé toujours en quête de justice

RFI
En Guinée, des poursuites viennent d’être annoncées contre l’ex-chef d’État Alpha Condé et 26 hauts responsables de son régime. La Justice leur reproche la répression violente du mouvement anti-troisième mandat qui a fait des dizaines de morts et de blessés. C’est une plainte du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) qui est à l’origine de cette procédure. L’organisation a été le fer de lance de la contestation. Après avoir connu l’impunité, les victimes pourraient enfin avancer dans leur quête de justice. De notre correspondant à Conakry, Il a fallu trois semaines après la chute d’Alpha Condé, pour que l’espoir revienne parmi les victimes. « Lorsque la junte a pris le pouvoir, ils sont venus au cimetière ici... », raconte Boubacar Sidy Baldé, l’un des coordinateurs du FNDC, le Front national pour la défense de la Constitution, dans la zone de Bambeto. C'est au cimetière de Bambeto, au milieu des quartiers contestataires, que des dizaines de jeunes ont été enterrés. « Ils ont vu, ils savent ce qui s'est passé. Vraiment, ils ont demandé pardon. Il faut que la justice soit faite. C'est ce que nous demandons, la justice, rien que la justice », martèle Boubacar Sidy Baldé. Puis il ajoute : « De près ou de loin, chaque famille a été touchée. Ce sont les blessures, les morts, même les viols... », énumère-t-il.   Même s’il reste prudent, il se dit soulagé. Il veut faire condamner l’assassin de son frère mort en 2020. « La balle a traversé le dos et est passée par la poitrine. Il est tombé dans la cour. Ici, on mène des enquêtes. Non seulement on connaît le pick-up qui était garé à côté, là-bas, mais on connaît aussi les policiers qui étaient dedans », dit Boubacar Sidy Baldé. « Depuis ce jour [...] je n'ai pas retrouvé la santé » En mars 2022, dans la cour d’une petite maison, une femme observe, de ses yeux baignés de larmes, les journalistes en face d’elle. Le FNDC a invité les victimes du régime Alpha Condé pour faire le point sur le dossier des crimes de sang. L’organisation vient alors de déposer plainte contre l’ancien président. ► À lire aussi : Guinée: le FNDC veut accompagner les victimes du régime d'Alpha Condé dans leur quête de justice « En fait, on m'a tiré dessus par arme à feu le 14 novembre 2019 sur l'autoroute Fidel-Castro », explique Mamadou, 24 ans. Il a été blessé par des gendarmes sur l’un des grands axes qui traversent Conakry. « Nous étions sur une manifestation contre le troisième mandat... » Il soulève son t-shirt, dévoilant des cicatrices boursouflées. Une peau lisse et brillante comme du plastique. « Depuis ce jour-là et jusqu'à présent, ça ne va pas chez moi. Je n'ai pas retrouvé la santé. Je ne peux pas travailler, je suis couché à la maison », raconte-t-il. Mamadou demande « des soins gratuits. [Il a] dépensé beaucoup d'argent depuis 2019 jusqu'à maintenant. » Il estime qu’il a dû débourser plus de 5 000 euros.    Toujours pas de solution en vue pour les blessés de la répression et pour les victimes d’avant 2019, la justice continue de se faire attendre. La procédure ne concerne jusqu’à présent que le mouvement de contestation anti-troisième mandat. 
21 May 2022

RDC: que sont devenus les sinistrés de l'éruption du volcan Nyiragongo?

RFI
Il y a un an, le 22 mai 2021, le volcan Nyiragongo entrait en éruption dans l’est de la RDC. La lave s’est miraculeusement arrêtée à quelques mètres de Goma, l’une des principales villes du Congo. Elle a tout de même dévasté des milliers d’habitations à la périphérie de cette ville. Après la catastrophe, les autorités ont assisté plus de 4 000 ménages, la plupart ont été réinstallés dans un camp à Kanyaruchinya. Mais certains affirment avoir été mis de côté. Depuis quelques mois, ils reviennent s’installer sur leur ancienne parcelle détruite par le magma l'année dernière.
20 May 2022

Pèlerinage de la Ghriba: l'occasion pour les juifs tunisiens de renouer avec leur terre ancestrale

RFI
En Tunisie, c’est cette semaine que se tient le pèlerinage juif de la Ghriba à Djerba. Comme chaque année, des juifs du monde entier se recueillent dans la plus vieille synagogue d’Afrique. La tradition veut qu’elle abrite des fragments du premier temple de Salomon détruit par les Babyloniens. Un rituel qui est aussi l’occasion pour les pèlerins de renouer avec la Tunisie. Un pays que certains ont dû quitter à contre cœur. Il en a rêvé toute sa vie. Revoir le quartier où ses parents ont grandi. Humer l’air de cette Tunisie dont ils lui ont tant parlé. Tsion Cohen est Américain. Accompagné de ses deux fils, le septuagénaire a fait le voyage depuis le Connecticut pour accomplir le pèlerinage de la Ghriba : « Il y a quatre-vingt ans en arrière, mes parents vivaient ici. J’ai cherché à me rapprocher de leurs origines, à revoir la maison où ils ont grandi. Cet endroit représente mon passé. Tout a commencé ici en Tunisie. C’est le voyage d’une vie. Je me sens bien. » Comme lui, 3 000 étrangers ont fait le déplacement. Temps fort du rituel, les moments de prières dans la synagogue vieille de 2 500 ans. L’occasion d’y allumer des bougies et de faire des vœux. Communauté dispersée Ruth qui vit en Italie vient tous les ans ici avec ses amis : « On prie pour les personnes malades, pour ceux qui ne sont pas mariés ou qui n’ont pas d’enfants. On cherche à s’apaiser en venant ici ». Forte de plus de 100 000 âmes, la communauté juive tunisienne s’est dispersée dans le monde entier après l’indépendance et les différentes guerres israélo-arabes. Joseph Bellaïche a quitté la Tunisie en 1956. Installé à Paris, il revient tous les ans à la Ghriba. Lors d’un concert de musique liturgique juive tunisienne, il se sent soudain submergé d’émotions : « C’est un bonheur pour moi ça. C’est nos sources, c’est notre vie. On ne peut pas l’expliquer, c’est une déchirure terrible, mais grâce à Dieu, on est en train de la recoudre un petit peu ». Développer le tourisme cultuel René Trabelsi est l’un des organisateurs du pèlerinage. Ce Tunisien juif a été ministre du Tourisme après la révolution. Il rêve de développer encore davantage le tourisme cultuel sur l’île de Djerba : « Ce pèlerinage a un potentiel de 20 000 pèlerins. Il faudrait qu’on s’ouvre un peu plus vers le monde pour permettre à tous les pèlerins, tous les juifs du monde entier d’accéder facilement à Djerba et à ce pèlerinage ». Signe de l’attachement de cette communauté à la Tunisie - en plus de prières - c’est l’hymne tunisien que les pèlerins ont entonné à de multiples reprises.
18 May 2022

Au Sénégal, du bio-charbon comme alternative au charbon de bois

RFI
Jusqu’au vendredi 20 mai, les participants à la COP15 d'Abidjan échangent sur les moyens de faire face à la désertification. Parmi les causes de ce phénomène, la coupe de bois pour la production de charbon, et les feux de brousse. Au Sénégal, l’association Nebeday développe une alternative : du bio-charbon à base de paille. De notre envoyée spéciale à Toubacouta, Masque sur le visage, Fatou Sarr mélange la paille carbonisée à un liant à base d’argile. « Au départ, je fais le pesage, je mets 80% de paille et 20% de liant, détaille-t-elle. C’est simple, sauf quand la paille est mal carbonisée, car dans ce cas, il faut trier, et c’est plus difficile. » Le tout est ensuite compressé dans une machine. Il en ressort des briquettes, très légères, de charbon naturel. Selon Nebeday, le bois et le charbon de bois représentent plus de 80% de la consommation énergétique des ménages au Sénégal. « Pour stopper cette déforestation, il faut trouver des alternatives. L’utilisation de la paille en est une et on peut en faire du charbon », fait valoir Hubert Dieme, responsable du pôle bio-combustibles de l’association à Toubacouta. Ce bio-charbon s'utilise de la même façon que le charbon de bois classique. « À part que le charbon de bois est peut-être de qualité supérieure. L’allumage est facile, avec une combustion parfaite », assure encore Hubert Dieme. Un charbon bio idéal pour faire brûler de l’encens, ou faire cuire des grillades, à 50 francs CFA la briquette ou 500 francs le sac de 1,5 kg. Fa Senghor l’a adopté. « Ça marche bien, dit-elle. Je l’utilise pour mon fer à repasser, pour faire du thé, ou parfois même pour des cuissons longues. Ce qui est très différent, c’est que cela ne fait pas de fumée, c’est mieux pour ma santé. » Le projet de bio-charbon a démarré il y a une dizaine d’années. Pour Hubert Dieme, il faut changer des habitudes bien ancrées. « C’est un obstacle, admet-il, mais il faut organiser des tournées de sensibilisation dans les villages, car c’est un produit qui va changer vos habitudes. Les villageois s’étonnent qu’avec de la paille, on fasse du charbon. On fait des tests pour leur montrer la rapidité, l’efficacité du bio-charbon. » Au Sénégal, selon plusieurs études, plus de 40 000 hectares de forêt disparaissent chaque année.
17 May 2022

Au Kenya, la pilule qui révolutionne le traitement du VIH chez les enfants

RFI
Le Dolutegravir 10 mg est une pilule soluble sous forme de sirop sucré. Mieux acceptée par les enfants et moins chère, elle est distribué depuis quelques mois dans plusieurs pays d’Afrique, parmi lesquels le Kenya, grâce à l’agence de santé Unitaid. De notre correspondante à Nairobi La clinique Léa Toto de Kibera, un bidonville de Nairobi, assure le traitement de dizaines d’enfants nés séropositifs. Adelaïde y emmène sa fille Ruth tous les trois mois. « Je suis venue avec Ruth pour prendre son traitement. Quand elle avait quatre mois, elle est tombée gravement malade. Les médecins m’ont annoncé qu’elle était positive au VIH. J’avais tellement peur. Je ne pensais pas qu’elle survivrait. Mais grâce à Dieu, elle va bien maintenant. » Ruth a aujourd’hui cinq ans. Sans son traitement, elle n’aurait probablement jamais fêté son deuxième anniversaire, l'espérance de vie moyenne pour un enfant qui naît avec le sida. En dix ans, ce traitement a beaucoup évolué. « Avant, on devait couper des pilules destinées aux adultes afin de les administrer aux enfants, se remémoreCaroline, l’infirmière. Et puis, il y a eu le sirop pour enfant qu’il fallait donner en grande quantité. Son goût était si amer que les enfants le recrachaient ou même le vomissaient. Mais depuis le Dolutegravir, ils aiment prendre leur sirop ». Un traitement longtemps attendu Faute de marché et donc de rentabilité pour les groupes pharmaceutiques, il a fallu des années avant la production d’un traitement pédiatrique, sous l’impulsion de l’agence de santé Unitaid, créée il y a 15 ans. « Il y a des nouveau-nés qui naissent séropositifs. Et cela, ça n’arrive que dans des régions d’Afrique. Et à cause de cela, les pharmaceutiques se disent “mon marché n’existe pas en Europe où on me paie beaucoup d’argent pour mes médicaments”. Et donc malheureusement, il n’y avait pas de solution pour ces enfants ici, raconte Hervé Verhoosel, porte-parole d'Unitaid. Nous avons alors travaillé avec les pharmaceutiques à développer des versions thérapeutiques : une tablette au goût de fruit qui regroupe l’ensemble des médicaments pour les enfants qui fonctionne aujourd’hui très bien ». Un traitement adapté et des diagnostics plus efficaces sauvent désormais la vie de milliers d’enfants. « Le défi était immense pour identifier les enfants séropositifs. C’est pourquoi nous avons créé des tests ADN pour les diagnostiquer et les mettre sous traitement rapidement, expliqueJackson Hungu, gestionnaire de programme chez Unitaid. Ce test combiné à un médicament qui a moins d’effet secondaire et qui est plus facile à administrer offre désormais un traitement bien plus efficace. » Au Kenya, environ 160 000 enfants séropositifs ont été diagnostiqués. À ce jour, le Dolutegravir 10 mg est distribué dans six pays africains. ► À lire aussi :  Les enfants atteints par le VIH mieux pris en charge, les pays africains vont en bénéficier
16 May 2022

Tunisie: la culture sur sable, une pratique ancienne qui tente de résister

RFI
En Tunisie, dans le nord du pays, l’agriculture dite « Gattaya » ou « Ramli » est pratiquée dans la lagune du village de Ghar El Mellah. Cette agriculture unique au monde remonte au XVIe siècle au moment de l’occupation andalouse au XVIe et XVIIe siècle dans le pays. C’est une méthode d’agriculture sur sable qu’une quarantaine d’agriculteurs continuent de pratiquer dans la région et qui est aujourd’hui menacée par les aléas du changement climatique. À quelques pas d’une lagune bleu clair, les cultures d’Ali Garci s’étendent sur du sable fin, séparées par des barrières de feuilles de palmier. Ali est en train de planter des melons locaux. « Vous voyez, on utilise ces barrières pour protéger les plantes », indique-t-il. Il a aussi des pommes de terre, des haricots rouges ou encore des oignons qui poussent dans le sable. C’est une méthode ancestrale ramenée par les Andalous. Elle repose sur un système d’irrigation naturelle, enfoui sous la première couche de sable apparente. « Sous cette couche de sable sablonneuse, on trouve une couche de sable endurci, c’est une couche dure, on la respecte et on ne la casse jamais », prévient-il. Cette fameuse couche, préservée depuis des siècles, va séparer l’eau salée de l’eau de pluie. « Lorsque le flux monte, l’eau salée s’infiltre d’une manière lente, à travers cette couche dure, et ça pousse l’eau douce qui reste toujours au-dessus pour arriver au niveau des racines des plantes », explique Ali Garci. Un engagement pour sauver une agriculture classée au patrimoine Un jeu d’équilibre fragile qui dépend de la pluviométrie, mais aussi de l’échange entre l’eau de mer et la lagune. Ali nous emmène voir ce couloir naturel, bloqué actuellement par un cumul de sable créé par les mouvements de bateaux du port de pêche à côté. « Regardez, l’eau entre, mais elle s’arrête là parce qu’il y a eu un accumulateur de sable assez considérable », montre-t-il. Aujourd'hui, malgré le creusement d’une tranchée par des tractopelles, cela ne suffit pas pour laisser passer l’eau. « On va s’entraider entre nous, agriculteurs, avec des pelles, avec des brouettes, pour approfondir cette tranchée-là pour que l’eau puisse passer ». L’engagement d’Ali ne s’arrête pas là, il veut aussi que cette agriculture, certifiée comme patrimoine, soit préservée. Fragile, elle est menacée par le changement climatique : des pluies de plus en plus éparses et faibles, des vents de plus en plus forts. « Notre produit, c’est un produit naturel, qui a un goût spécifique, alors je lance toujours un SOS pour sauver ce concept d’agriculture Ramli », espère-t-il. Aujourd’hui, près de 200 hectares sont encore occupés par l’agriculture Ramli, mais ils se réduisent à cause de l’urbanisme croissant et d’un manque d’intérêt de la jeune génération pour prendre la relève.
15 May 2022

Éthiopie: la région Afar ravagée après trois mois d'occupation

RFI
En Éthiopie, alors qu’une trêve humanitaire a été décrétée fin mars, les rebelles tigréens du TPLF continuent d’occuper une partie de la région Afar, proche de Djibouti. Ils ont laissé derrière eux une province en ruine : les bâtiments, les usines, les infrastructures sont détruits. La dévastation de la région rend le retour des plus de 300 000 déplacés presque impossible. Reportage à la frontière du Tigré. RFI est le premier média à s’y être rendu. De notre envoyé spécial à Erebti, Bloc opératoire dévasté, ustensiles détruits, médicaments volés. L’hôpital Target est en ruines. Situé dans la ville de Konnaba et hôpital de référence pour près de 200 000 personnes, il a servi de camp de base aux rebelles tigréens du TPLF jusqu’à fin avril. Ils l’ont vandalisé en quittant les lieux. Osman Nouru est administrateur de la ville. Il nous parle accoudé à une couveuse, elle aussi fracassée par les occupants. « L’hôpital servait beaucoup de personnes. On ne peut plus rien utiliser maintenant. Ils ont volé les machines. Ce qu’ils n’ont pas pu prendre, ils l’ont détruit volontairement », explique Osman Nouru. Dévastation totale De Konnaba, on peut apercevoir les positions du TPLF, à une dizaine de kilomètres. La dévastation est totale. Les véhicules sont détruits ou volés, une usine de sel a été sabotée, et les quelques mines d’or et de sel vandalisées. Pour Osman Khalil, maire de la ville voisine de Berhal, « ici, la destruction est très vaste », montre-t-il. « On ne peut pas évaluer précisément les dégâts. Ça va prendre du temps. Ce n’est uniquement dans cette ville, mais aussi dans tout le secteur qu’il y a eu des destructions. C’est indescriptible. » ► À lire aussi : Violences sexuelles, exécutions... Des Éthiopiens témoignent de l’occupation tigréenne Il se tient debout, au milieu de la banque commerciale de Berhale, entièrement brûlée par les forces tigréennes. « Ils ont fait ça pour nous ramener, nous les Afars, au point zéro du développement. Toutes les maisons ont été détruites. Il n’y a plus d’endroit où dormir, il n’y a rien à manger ni à boire. On n'a aucune raison de demander aux gens de revenir, car il n’y a plus rien à faire ici. » Erebti, ville fantôme Dans cette région musulmane, même les mosquées ont fait les frais de l’occupation. À Erbeti, les corans ont été arrachés, les vitres cassées et on peut voir du sang sur le sol. C’est désormais un milicien, Mohammed Dersa, qui se charge de mener la prière, fusil sous le bras. « Je fais l’appel à la prière, car l’imam a fui pour se mettre en sécurité. Je le remplace en attendant qu’il revienne. » ► À lire aussi : Éthiopie: les forces rebelles du Tigré toujours présentes en Afar malgré les dénégations Erebti est aujourd’hui une ville fantôme. Aucune infrastructure ne tient debout, pas même les circuits d’eau, alors que les températures dépassent quotidiennement les 42 degrés. Idriss Gumhed est maire de la ville. « Ça, c’était le château d’eau pour approvisionner le village et les environs. Le TPLF l’a détruit. Maintenant, nous sommes exposés à la soif. » Il estime à deux années le temps nécessaire à la reconstruction du nord de la région Afar.
14 May 2022

Afrique du Sud: passer une nuit dans un hôtel-avion

RFI
Vous pensiez toujours mal dormir dans les avions ? Pas avec Aerotel. Ce n’est pas une compagnie aérienne, mais un hôtel haut de gamme aménagé dans un ancien avion de ligne. Six chambres ont été construites dans la carlingue. Prix d’une nuit pour un couple : 200 euros. Ce n’est pas tout : il sera bientôt possible de dormir dans un ancien avion présidentiel. Le jet d’un chef d’État africain en exercice est en cours d’aménagement. De notre correspondant au Cap, Un Boeing 737 semble s’être posé au milieu de la brousse. Visible depuis la route, l’avion de ligne paraît intact. À l’intérieur, six cabines exiguës, mais confortables, dans lesquelles le lit double côtoie la salle de bain. « Voilà à quoi ressemblent les chambres », indique Simoné Breytenbach, gérante de l'hôtel, nous fait la visite. « On a gardé les hublots d’origine, vous pouvez les ouvrir et les fermer. On a transformé les compartiments cabines en placards pour ranger des affaires comme une couverture. Ici un miroir, un mini frigo et un coffre », détaille la gérante. L’hôtel impressionne par son sens du détail et de la récupération. Mais s’il y a bien un endroit qui n’a pas été transformé : c’est le cockpit. Clients et « pilotes » Un couple s’y présente. « Allez-y, vous pouvez vous installer », invite Simoné Breytenbach. « On décolle ? », « On s’envole pour Bali », imaginent Willem Marais et Ivanda Swiegers. Ce couple venu de Johannesburg prend la place des pilotes. Le tableau de bord à 40 ans.  « C’est super ! C’est très original d’avoir transformé un avion en hôtel, je dois dire », s'enthousiasme Willem Marais. « Je voyage beaucoup, donc je dois souvent affronter ma peur de l’avion, mais ici, c'est différent, je peux en profiter », souligne Ivanda Swiegers. Avion présidentiel C’est un couple de promoteurs immobiliers qui a eu l’idée de cette reconversion d’anciens avions en hôtel. Le premier a ouvert en 2020 après 18 mois de travaux et un second a été acquis en juin 2021. Pas n’importe quel avion : « Il n’était pas très content de perdre son avion, mais c’était celui du président de Djibouti », confie Tracy den Dunnen, la propriétaire. C’était donc l’avion officiel d’Ismaïl Omar Guelleh. Un Boeing 727 acheté en 2001. L’avion était en Afrique du Sud pour une révision complète, sauf qu’il y a un litige sur les frais qui a engendré des poursuites judiciaires et qui se sont conclues par une saisie de l’avion pour couvrir les impayés. C’est très beau à l’intérieur, il y a ces superbes salons, ces grands fauteuils en cuir couleur crème. J’adorerais voyager dans ces conditions (rires). Une fois réaménagé, l’avion pourra être réservé dans son intégralité. Trois chambres VIP à louer en famille. Une question devrait bientôt se poser : qui dort dans le lit du président ?
13 May 2022

Burkina Faso: l’agriculture hors sol, une solution contre l’insécurité alimentaire

RFI
Au Burkina Faso, l’agriculture hors sol fait son chemin. L’une des promotrices de cette solution à l’insécurité alimentaire s’appelle Adjaratou Sanogo. Avec son association, elle s’est lancée également dans la formation dans ce type d’agriculture qui rapporte deux fois plus que l’agriculture conventionnelle, en utilisant moins d’eau. C’est un type de culture où la plante finit son cycle normal sans un contact avec le sol. Le sol, la terre est remplacée par des billes d’agiles, des fibres de coco, ou des coques d’arachide.