Nouveau mandat présidentiel au Nicaragua: «la continuation de la mascarade»
10 January 2022

Nouveau mandat présidentiel au Nicaragua: «la continuation de la mascarade»

RFI

À la tête du Nicaragua depuis 15 ans jour pour jour, après avoir dirigé le pays déjà une première fois dans les années 80, Daniel Ortega entame officiellement ce lundi 10 janvier 2022 son quatrième mandat consécutif de président. La cérémonie d'investiture se déroulera en fin d'après-midi, place de la Révolution, dans la capitale Managua. Après le soulèvement social de 2018 réprimé dans le sang, « nous nous tiendrons tous fièrement debout, car nous avons vaincu le mal, la haine » disait il y a quelques jours Rosario Murillo, la vice-présidente, réélue comme son mari Daniel Ortega, à la tête du Nicaragua en novembre dernier à l’issue d’une élection sans opposant, qualifiée de « farce » par la communauté internationale. « 40 prisonniers politiques, arrêtés entre fin mai et octobre, sont encore emprisonnés et on estime à 160 le nombre total de personnes emprisonnées pour des raisons politiques au Nicaragua » détaille notre invitée, Garance Robert, doctorante en sciences politiques à l'université de Montréal, spécialiste des questions des droits humains en Amérique Centrale. Et d’ajouter « le fait qu’ils soient maintenus prisonniers alors même que les élections sont passées, montre bien à quel point ils (Daniel Ortega et Rosario Murillo) se sentent menacés et sont obligés de gouverner par la terreur ». Il y a selon la chercheuse « nue très forte continuité avec l’ancien dictateur Somoza : des apparences et un régime très autoritaire par ailleurs », rappelant que les institutions leur sont totalement acquises. Malgré tout, la Bolivie, Cuba ou le Venezuela ont reconnu le scrutin de novembre. « Des alliés traditionnels de Managua, des pays où la démocratie n’existe pas ou bien a été mise en danger pour le cas de la Bolivie » explique Garance Robert qui juge « plus étonnant » l’envoi d’officiels à la cérémonie d’investiture de la part du Mexique et de l’Argentine : « cela relève davantage de raisons stratégiques, d’une alliance de gauche latino-américaine ». Haïti : rescapé d’une attaque de gang, Wilmann Vil témoigne Jeudi 6 janvier 2022, deux journalistes haïtiens ont été tués en périphérie de Port-au-Prince, dans une zone où plusieurs gangs s’affrontent. Wilmann Vil accompagnait ses confrères, mais lui a pu sortir vivant de la fusillade. « Les gens de la zone m’ont fait changer de vêtements et ils m’ont caché dans une pièce. Je voyais des types armés qui étaient montés sur les toits des maisons : ils me cherchaient » raconte-t-il à Amélie Baron. Wilmann et sa famille vivent aujourd’hui, avec la crainte d’être retrouvés par les membres du gang. « Actuellement, je vis caché. Je suis allé auprès de la police judiciaire. J’ai parlé, ils m’ont écouté mais la PJ connait parfaitement ces types, elle sait où ils se trouvent. Les policiers ont même leurs numéros de téléphone. Si la police d’Haïti voulait en finir avec ça, malheureusement elle ne pourrait pas parce que ces types sont biens mieux armés que la police » explique le journaliste. Au Venezuela, l’opposition s’empare du fief du chavisme C'est un revers, et non des moindre : la défaite historique, au sens propre, du parti au pouvoir, sur les terres d'Hugo Chavez. Le PSUV perd le poste de gouverneur de l'état de Barinas, dans le centre du pays, qui a vu naitre Hugo Chavez, le leader de la révolution bolivarienne. L’élection du 9 janvier était une redite de celle du mois de novembre, après que le candidat de l’opposition, Freddy Superlano, qui était en tête des suffrages, a déclaré inéligible par la Cour suprême. L’institution, aux mains du pouvoir, avait annulé le vote.