Le Sénat des États-Unis est devenu «un cimetière législatif»
13 January 2022

Le Sénat des États-Unis est devenu «un cimetière législatif»

RFI

Joe Biden joue gros. Afin de faire voter par le Congrès deux textes pour défendre l’accès au droit de vote des minorités, le président américain est prêt à passer en force au Sénat où les républicains bloquent ses textes. Mais réformer les règles législatives comme il l’espère, n’est pas chose gagnée.   Pour contourner le blocage des sénateurs républicains sur ces textes, Joe Biden a besoin du soutien de l’ensemble des 50 sénateurs démocrates. Mais deux d’entre eux se montrent hésitants et les républicains eux dénoncent « un coup de force inacceptable ». Le président américain propose d’abandonner la règle des 60 voix pour faire adopter ces textes a une majorité simple. Seule manière pour lui de contourner le « filibuster », outil d’obstruction parlementaire  « qui remonte au début du XIXème siècle, et permet à un sénateur de s’exprimer en toute liberté sans être interrompu par ses pairs », explique notre invité, François Vergniolle de Chantal, professeur à l’Université de Paris. « Le filibuster visait à légitimer le point de vue des minorités », mais dans sa mise en œuvre, la pratique a été dévoyée. Aujourd’hui, « il est devenu plus simple dans son utilisation si bien qu’il est omniprésent au Sénat de sorte que le Sénat est une assemblée où la moindre prise de décision est bloquée ». Pour François Vergniolle de Chantal, « le Sénat actuel est un cimetière législatif ». Cela s’explique en partie par la polarisation de la vie politique. Et le professeur de rappeler que « ce sont les sénateurs qui définissent les règles de la Chambre haute, personne ne peut leur dire quoi faire, le président n’a rien à dire donc la situation pour Joe Biden est très difficile ».   Haïti : des commémorations du 12 janvier en catimini « Comme prévu, la commémoration du 12e anniversaire du 12 janvier ne restera pas dans les mémoires », selon Frantz Duval, le rédacteur en chef du quotidien Le Nouvelliste. 12 ans après le terrible séisme de 2010 qui a fait plus de 250 000 morts, tout a été fait pour minimiser les commémorations selon le journaliste. « Tout est fait pour que le 12 janvier soit une journée normale, c’est la honte ». Dans les colonnes du quotidien, par ailleurs, le géologue Claude Prépetit précise qu’aucune politique publique n’a été adoptée pendant les 12 dernières années qui ont suivi le tremblement de terre pour réduire la vulnérabilité de la population haïtienne face aux risques sismiques.     Au Chili, polémique autour de l’attribution de lot d’extraction de lithium Une entreprise chinoise et une chilienne ont emporté, en partie, un appel d'offres lancé par le gouvernement chilien pour l'extraction de lithium, pour un montant total de 121 millions d'euros. Pour une durée de sept ans consacrée à l'exploration suivie de 20 ans supplémentaires pour l'exploitation, elles exploiteront chacune 80.000 tonnes de lithium, soit 1,8% des réserves connues de lithium au Chili. À quelques semaines de l’investiture du président élu de gauche, « le gouvernement de Sebastian Piñera cherche le conflit », estime la presse, puisque Gabriel Boric, qui prendra les rênes du pays le 11 mars 2022, a promis la création d’une société étatique d’extraction de lithium et avait demandé à l’équipe de droite sortante de ne prendre aucune initiative sur ce dossier.