Vanille: incertitude pour la prochaine campagne malgache
12 January 2022

Vanille: incertitude pour la prochaine campagne malgache

RFI

Une floraison plus tardive, un risque de cyclone non négligeable, la vanille de Madagascar souffre des aléas climatiques. Résultat la prochaine récolte pourrait décevoir. Dans la région de la Sava, principale zone productrice de vanille, le pic de floraison a eu lieu avec un mois de retard un mois qui pourrait avoir des conséquences en chaîne pour la vanille, fleuron de la Grande Ile qui produit 70 à 80 % des gousses vendues dans le monde. Et si on rajoute le risque cyclonique, il devient difficile de faire un pronostic pour la prochaine récolte, à ce stade de la campagne.  La production pourrait baisser de 30 %   Floraison tardive veut dire cueillette tardive, ce qui parfois n’est pas possible. Résultat : si les gousses ne sont pas cueillies à maturité au début de l’été, leur qualité s’en ressent. La préoccupation concerne aussi les quantités produites : les volumes attendus sont pour l’heure de 30 à 35 % plus bas que ceux des deux campagnes précédentes.    ► À lire aussi : Madagascar : le prix plancher du kilo de vanille à l'export suscite la controverse « Si je devais acheter de la vanille, confie un exportateur, je ne compterais pas uniquement sur la campagne qui vient ! ». Ce qui veut dire en creux, que certains acheteurs vont peut-être choisir de faire des stocks sur la récolte actuelle, pour éviter toute mauvaise surprise. Pour l’instant, le rythme des exportations reste classique, explique Georges Geeraerts président du groupement des exportateurs de vanille de Madagascar -  et ne révèle pas une pression particulière sur les achats… « Mais cela peut très vite changer », ajoute notre interlocuteur.  Le Conseil National Vanille mise sur la traçabilité  Plus que jamais, si la récolte baisse, la vanille de Madagascar sera soumise à la concurrence de la Papouasie et plus largement de l’Indonésie. D’où la volonté du Conseil National Vanille de la Grande Ile de travailler sur la traçabilité du produit, ainsi que sur le développement d’une appellation, de type IGP (Indication géographique protégée). « Le terme bourbon est aujourd’hui totalement galvaudé, explique un bon connaisseur de la filière, il n’est aujourd’hui pas rare de voir un détaillant vendre de la vanille indonésienne avec un label Madagascar. »    Mais la vraie concurrence reste toujours la vanille de synthèse pour le président du groupement des exportateurs de vanille de Madagascar. La vanille naturelle ne représente que 0,1% des usages. Le reste étant des vanillines artificielles, qui n’ont au niveau chimique rien à voir avec la pousse végétale, mais qui sont beaucoup moins chères.