
50 ans après le coup d’État, l’Argentine cherche toujours ses bébés volés
8 milliards de voisins
Le 24 mars 1976, en Argentine, les Forces armées renversèrent, par un coup d’État, le gouvernement dirigé par María Estela Martínez de Perón. C’est le début de la pire dictature qu’ait connue le pays. Au total, 4 juntes militaires se succèderont au pouvoir jusqu’en 1983 et mettront en place une politique de répression contre la « subversion ». Pendant, cette période, des milliers d’Argentins s’exileront, d’autres seront faits prisonniers et torturés. Des dizaines de milliers disparaitront.
Parmi les victimes de la dictature, les enfants et bébés retirés à leurs parents parce qu’opposants au régime. Ils seront confiés à des couples adoptifs, souvent proches du régime, en toute illégalité.
Quelque 500 bébés auraient ainsi été volés, un drame de la dictature toujours d’actualité et un combat mené par les grands-mères de la place de Mai, pour retrouver leurs petits-enfants. 50 ans après le début de la dictature, les procédures pour retracer leurs histoires sont toujours en cours. En 2025, un 140ème bébé a pu être identifié. Pour les autres, les recherches continuent, laissant le chapitre de la dictature toujours ouvert.
50 ans après, comment la société argentine vit avec l’absence de ses disparus ?
Alors que le financement des politiques de mémoire a été réduit et les crimes de la dictature remis en cause depuis l’arrivée au pouvoir de l’ultralibéral Javier Milei en 2023, comment transmettre cette partie de l’histoire argentine aux jeunes générations ?
Émission à l’occasion des 50 ans du coup d’État militaire en Argentine, le 24 mars 1976.
Avec :
• Maria-Laura Stirnemann, représentante de l’Association H.I.J.O.S. Paris qui coordonne en France la Campagne Internationale pour le Droit à l’Identité, membre de l’Association des citoyens argentins de France.
• Claudia Feld, historienne, docteur en Sciences de la communication. Elle a dirigé avec Marina Franco la rédaction de l’ouvrage collectif Crimes contre l’humanité à l’ESMA. Anatomie d’un centre de détention clandestin en Argentine (1976-1983), sorti en 2022 en Argentine et traduit en français aux Éditions Anamosa (février, 2026).
Un témoignage recueilli par Théo Conscience, correspondant de RFI à Buenos Aires, en Argentine. Il a pu rencontrer Manuel Gonçalves Granada, le petit-fils restitué n° 57, c’est-à-dire qu’il est le 57ème des 140 petits-enfants appropriés que les Grands-mères de la place de Mai ont réussi à retrouver jusqu’à aujourd’hui. Le père de Manuel avait été enlevé par la dictature, il y a 50 ans tout pile, le 24 mars 1976, le jour du coup d’État.
► Si vous doutez de votre identité et que vous êtes né entre 1975 et 1983, en Argentine, contactez l'association Hijos Paris à cette adresse redxlaidentidadfrancia@gmail.com
Programmation musicale :
► Victoria - Keny Arkana
► 30000 Hermanos · O Zulu